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Parlons d’Art ! Avec Pia

Parlons d’Art ! Avec Pia

Tous les mardis, venez prendre votre dose artistique avec Parlons d’Art ! Sur notre palette, nous vous proposons l’interview d’un.e artiste, mais également la découverte de l’histoire d’une peinture célèbre, et l’histoire d’une femme qui a marqué l’histoire par sa créativité ! Découvrez cette semaine dans Parlons d’Art : l’interview de Pia, l’histoire de Dorothea Lange mais aussi une peinture de Matisse !

L’Artiste de la Semaine : Pia

Nous vous proposons chaque semaine de découvrir – sous forme de 3 questions – un.e nouveau.elle artiste. Il/elle raconte au Scribouillard son parcours, ses difficultés et ses influences artistiques.

parlons d'art  - pia.kitsune

Pouvez-vous vous présenter et nous parler de votre travail artistique ?

Bonjour ! Je m’appelle Elsa et mon nom d’artiste est Pia ! Illustratrice freelance, je dessine le plus souvent des personnages féminins, des créatures, de la fantasy… J’aime quand il y a un peu de magie ou un décalage avec la réalité dans ce que je fais ! Je passe aussi du mignon au sombre, avec une pincée de symbolisme. Pendant un moment, je travaillais exclusivement en digital, mais je me suis reconnectée depuis quelques temps au traditionnel, juste avec le crayon et le papier dans un carnet. D’ailleurs, ça m’a beaucoup aidée aussi à développer mon style en revenant au digital ! J’utilise pas mal Procreate sur l’Ipad, et quelque fois Photoshop avec une Cintiq 22HD quand je travaille sur des gros projets.

parlons d'art  - pia.kitsune
© pia.kitsune

Avez-vous connu des difficultés, des périodes creuses ?

Oh que oui, et j’en traverse même une en ce moment ! Une année j’ai tout arrêté car j’ai fait un « burn-out » artistique, résultat également d’un mal-être général. J’ai traversé beaucoup de remises en questions, et notamment une dépression qui m’a beaucoup chamboulée. A ce moment là, j’ai décidé de lâcher prise sur le dessin, de dessiner quand j’en avais envie et sur n’importe quel sujet que je voulais exprimer. Avant ça, j’avais perdu le sens de ce que je faisais à cause de la pression des réseaux sociaux. Je créais pour les autres et pas pour moi. J’ai remarqué surtout qu’en reprenant vraiment ce que j’aimais dessiner, mon univers était plus sombre, chose que je cachais au fond de moi.

A présent, je me lâche un peu la grappe de ce côté là 🙂 Présentement, je suis surtout coincée au niveau technique, car je sens que j’ai des lacunes surtout au niveau de l’anatomie ! Je cherche encore comment et où prendre des cours pour m’améliorer.

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© pia.kitsune

Quelles ont été vos influences dans le domaine artistique, et quels sont vos artistes préférés ?

En premier lieu, cela a été évidemment les mangas et les animes. C’était toute mon enfance et mon adolescence ! Les jeux vidéos ont été aussi une grande influence pour moi car j’ai de la chance d’être dans une famille ouverte à la culture geek, si on peut dire ça comme ça ! J’ai continué un style manga jusqu’au lycée, où je me suis plus ouverte à d’autres styles différents du code manga. L’histoire de l’art, les techniques, et le partage de nos influences avec les autres personnes de ma classe ont pas mal changé mes intérêts. Les réseaux sociaux, surtout Instagram, m’ont beaucoup influencé aussi, vu le nombre incroyable d’artistes !

Mes artistes préférés et qui m’ont surtout marqués sont Loish, Punziella, Loïc Locatelli, Hina/Ukairuu, Trungles et Loputyn. J’en ai sûrement oublié plein d’autres, mais c’est ceux à qui je pense en premier ! Je me rends compte que je suis surtout touchée par le travail des lignes, et la fluidité des traits. Je trouve leurs travaux très vivants avec des univers très différents. Loish a une place spéciale dans mon coeur car je suis son travail depuis des années, et je trouve ses couleurs toujours aussi magnifiques et touchantes !

Selon la période, je peux me concentrer plus sur un style qu’un autre, donc être influencée par d’autres artistes. D’ailleurs en ce moment, je me nourris des tableaux des pré-raphaëlites pour la composition, l’univers onirique et les couleurs. 

Pour en découvrir plus sur l’artiste et sa passion, n’hésitez pas à aller sur son compte instagram :

Canevas d’Autrefois :

Toute oeuvre d’art possède une histoire. Découvrez celle qui se cache derrière ce célèbre tableau.

parlons d'art  - matisse

Véritable emblème de l’art moderne, La Danse d’Henri Matisse est complémentaire d’une autre oeuvre du peintre : La Musique.

Cette peinture détonne notamment par sa simplicité. Son style est caractéristique du fauvisme : l’aspect primitif des nus et l’utilisation de seulement trois couleurs primaires mais vives (bleu, vert, et rouge)

Les personnages n’ayant pas de visage, ils n’ont donc pas de personnalité et ne peuvent transmettre des émotions. La peinture doit se voir dans son ensemble, c’est la scène qui est ici le sujet, et non les personnages.

La danse a toujours été un thème de prédilection pour le peintre. Il a déjà représenté des scènes de danse dans plusieurs de ses tableaux, notamment dans sa peinture Le bonheur de vivre.

parlons d'art  - matisse
Le bonheur de vivre – Henri Matisse 1906

Ces personnages simples qui dansent dans un paysage vide peut être vu comme une ode à la nature, à la reconnexion de l’homme et de la nature, mais aussi des choses simples. La nudité des figures de ce tableau ajoute à ce sentiment. Le tableau se veut symbole de l’harmonie entre l’homme et la nature, et le rejet de la civilisation moderne.

Cette scène en particulier lui a été inspirée par une danse de pêcheurs à laquelle il a pu assister à Collioure. C’était une version de la Sardana, une farandole catalane traditionnelle.

Les fauvistes partageaient leur intérêt pour les communautés indigènes avec les primitivistes. Matisse a ainsi emprunté à l’art primitif plusieurs aspects afin de réaliser sa peinture. Les figures austères et les couleurs vives représentent la simplicité et l’instinct. C’est le mouvement et le rythme qui font l’essence de ce tableau.

Histoire de Créatives : Dorothea Lange

Venez à la rencontre de célèbres femmes talentueuses et créatives, qui luttent pour la cause féminine à travers leur art !

parlons d'art  - Dorothea Lange

1895 – 1965

Le photojournalisme, ou photographie d’information, prend son essor durant La Grande Dépression et Dorothea Lange en sera l’un des grands symboles de cette époque.

Fille d’immigrants allemands vivant au New-Jersey, elle connaît une enfance difficile, marquée par une poliomyélite à l’âge de 7 ans, qui l’handicapera à vie. Mais aussi marquée par l’abandon de son père à 12 ans.

Tenant un studio photo durant les années folles, sa vie est à nouveau bouleversée lors de la crise mondiale de 1929. C’est là qu’elle a une révélation : ses clichés doivent parler des gens, et notamment de ceux qui souffrent et sont dans la misère, ceux dont on ne parle pas, que l’on ne veut pas voir.

« J’ai réalisé que je photographiais les seules personnes qui m’ont payée pour cela. Cela m’a dérangé. Alors j’ai fermé ce lieu, et démonté ma chambre noire. Je me suis demandé : qu’est-ce que j’essaie de dire ? J’ai vraiment voulu me regarder en face. » 

Elle décide alors de photographier des sans-abris. C’est ainsi qu’elle se fait connaître par la la Resettlement Administration (devenue plus tard la Farm Security Administration)

parlons d'art - Dorothea Lange
Mère Migrante – Dorothea Lange 1936

Elle publie alors ses photos sur la pauvreté qui touche une partie de l’Amérique dans le San Francisco News. Ces clichés vont prendre une telle ampleur qu’ils en deviendront de véritables icônes, et vont faire réagir le gouvernement fédéral. Celui-ci va alors débloquer des fonds afin de prodiguer une aide d’urgence de nourriture. L’une de ses photos iconiques s’intitule « Mère Migrante ».

L’appareil photo est un outil qui enseigne aux gens à voir sans appareil photo – Dorothea Lange

La photographe est embauchée par une agence gouvernementale en 1942, suite à l’attaque japonaise sur Pearl Harbor. Son travail consiste à réaliser un reportage sur les camps où se trouvent les toutes les personnes japonaises qui ont été capturées et internées. L’intérêt pour l’agence était de montrer que les prisonniers étaient traités avec humanité. Mais la photographe, n’écoutant que son honnêteté et son sens de la justice, décide de montrer la vraie réalité des choses.

Dans un document accablant, elle y montre les sévices et conditions de vie infâmes des réfugiés. Ces photographies ont d’ailleurs été censurées par l’administration de Roosevelt, et n’ont été publiées qu’en 2006, dans un livre intitulé  Impounded : Dorothea Lange and the censored images of Japanese American internment.

Les images de Dorothea Lange ont forgé notre compréhension de L’Amérique au temps de la Grande Dépression, et en particulier de tous ces êtres aux yeux las et aux visages fatigués… A travers ces extraordinaires photographies, des gens ordinaires ont été reconnus pour ce qu’ils étaient : les acteurs principaux d’un drame social d’une importance majeure.

Extrait du New-York Times

A l’occasion du festival international d’Annecy – dont c’est d’ailleurs le dernier jour -, nous vous invitons à découvrir notre article sur l’un des films en compétition, Empty Places ! Nous vous parlons aussi de tous les événements liés au Festival d’Annecy ici !

Si vous avez aimé cet articlen’hésitez pas à aller jeter un œil à la dernière édition de Parlons d’Art !, où nous vous parlions notamment de l’artiste et comédienne Sarah Bernhardt, mais aussi d’Eily et d’Alphonse Mucha.

A la semaine prochaine pour une nouvelle chronique Parlons d’Art !

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