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Parlons d’Art ! Avec Petit Plat

Parlons d’Art ! Avec Petit Plat

Tous les mardis, venez prendre votre dose artistique avec Parlons d’Art ! Sur notre palette, nous vous proposons l’interview d’un.e artiste. Mais également la découverte de l’histoire d’une peinture célèbre, et l’histoire d’une femme qui a marqué l’histoire par sa créativité ! Découvrez cette semaine dans Parlons d’Art : l’histoire de Marie Laurencin ainsi que du fameux Déjeuner sur l’herbe de Edouard Manet, mais également l’interview de Petit Plat,

L’Artiste de la Semaine : Petit Plat

Nous vous proposons chaque semaine de découvrir – sous forme de 3 questions – un.e nouveau.elle artiste. Il/elle raconte au Scribouillard son parcours, ses difficultés et ses influences artistiques.

parlons d'art - petit plat

Pouvez-vous vous présenter et nous parler de votre travail artistique ?

Bonjour, je suis Stéphanie, une artiste à temps plein. Je suis surtout connue pour mon travail sculptural. Mais je travaille aussi à l’encre et l’aquarelle et il m’arrive de faire des peintures murales.

Mon travail artistique se penche surtout sur la crise environnementale et son lien direct avec nos activités.

Le monde que je crée est constitué de ce que nous laissons après notre passage, des déchets, des objets ou des bâtiments. Notre absence est remplacée par des croissances végétales et des animaux, qui reprennent le dessus.

Il y a quelque chose d’une apocalypse joyeuse, si on laisse faire, la nature reprend vite ses droits et la biodiversité se développe. 

J’aimerai encourager un changement systémique de comportement mais aussi de société. Actuellement nous fonçons droit vers la falaise et la chute va être brutale. J’espère encore qu’on modifie notre comportement et nos usages pour éviter le pire.

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© Petit Plat

Avez-vous connu des difficultés, des périodes creuses ?

Oui, ça m’arrive. Je travaille d’accoutumé beaucoup. En règle générale, tous les jours et mon esprit tourne toujours autour de mon travail. J’adore faire ce que je fais et faire une pause n’est pas quelque chose que je recherche ni souhaite. Par contre, automatiquement, j’ai des limites physiques et je suis parfois fatiguée ou découragée. Gagner sa vie en tant qu’artiste n’est pas toujours simple. Et en plus, c’est un métier où on doute beaucoup de tout.

En parcimonie, le doute est bénéfique, il permet de faire le point et d’évoluer. Mais parfois le doute devient trop présent et là, il est néfaste. En résultante, il est parfois nécessaire de faire une vraie pause. D’ailleurs je suis un peu dans cette phase en ce moment. Je n’ai globalement pas très envie de créer et je fais une pause de quelques jours.

Parfois la pause peut être beaucoup plus longue, surtout si on n’a pas fait attention à soi.

« En parcimonie, le doute est bénéfique, il permet de faire le point et d’évoluer. Mais parfois le doute devient trop présent et là, il est néfaste« 

Etre son propre chef est très libérateur, mais on est aussi très dur avec soi-même. Il faut trouver un juste milieu, entre travailler et faire des pauses. C’est tout particulièrement complexe lorsque notre travail est notre passion, dans la mesure où on a envie de travailler tout le temps. C’est un équilibre à trouver.

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© Petit Plat

Quelles ont été vos influences dans le domaine artistique, et quels sont vos artistes préférés ?

Il y a beaucoup d’artistes que j’admire énormément et leur travail me motive surtout à aller plus loin. Mais ma source d’inspiration principale reste la nature. Je me tourne toujours vers des livres de sciences naturelles et images de végétaux ou animaux quand je pousse mon travail. 

En terme d’influence, voir un travail artistique de haute qualité me donne surtout envie de peaufiner ma maîtrise technique et de persévérer dans ma recherche propre. 

En ce moment mes artistes préférés sont Tiffany Bozic. J’aime comment elle arrive à exprimer des faits de science naturelle de façon aussi poétique. Sa maîtrise technique picturale est aussi impressionnante.

J’aime beaucoup le travail sculptural du japonais Akishi Ueda, dans son côté très onirique et très… japonais!

Et j’ai redécouvert le travail pictural à l’encre de Ikeda Manabu qui est fascinant côté détails.

Et évidemment, j’aime beaucoup les sculptures de Ellen Jewett, qui sans l’ombre d’un doute, ont été une influence plus ou moins consciente dans mon travail.

D’une manière générale, j’aime le travail très technique et détaillé et qui emprunte beaucoup à la nature.

Pour en découvrir plus sur l’artiste et sa passion, n’hésitez pas à aller sur son compte instagram :

Canevas d’Autrefois 

Toute oeuvre d’art possède une histoire. Découvrez celle qui se cache derrière ce célèbre tableau.

parlons d'art - manet

Ce célèbre tableau d’Edouard Manet est un énorme pied de nez aux règles et aux moeurs de l’époque, et ce sur plusieurs points.

L’agencement du tableau en lui-même est marginal, les quatre personnages positionnés en triangle rappellent la règle des Classiques, tandis que les deux hommes en triangle renversé fait référence à la perspective de la Renaissance. Les perspectives elles-mêmes ne sont guère conventionnelles, la femme en arrière-plan devant logiquement être plus petite. De plus, tout en utilisant les constructions des peintures de grands maîtres, il les détourne. Manet refuse de suivre les règles et les conventions, et désire même s’en éloigner, d’où l’utilisation de caricatures.

En effet, ce qu’on peut également apercevoir dans cette peinture, c’est le manque de réalisme. Le paysage esquissé semble être un décor fictif, les contrastes sont bien trop prononcés, donnant l’illusion que les personnages ne sont pas ancrés dans le réel. Les fruits de saison ne poussent même pas tous à la même saison.

Mais ce qui a fait scandale à l’époque, était notamment la présence de cette femme nue, qui accaparait tous les regards choqués dans une époque où la pudeur est de mise. Cette femme dépeinte ici est une représentation de Victorine Meurent, muse favorite de Manet. Ajouté à cela, le panier renversé, symbole de luxure, est une métaphore clairement érotique.

Ce n’est pas uniquement dans le but de scandaliser que Manet contredit les règles et insère des contradictions dans son tableau. C’est également pour rappeler que cette peinture est irréelle, et donc n’est pas à prendre au premier degré. Ce qui permet également de comprendre l’immense esclandre provoqué par Le Déjeuner sur l’Herbe.

« La vérité est que l’art doit être l’écriture de la vie » – Edouard Manet

Manet s’inspire et modernise un tableau de la Renaissance du peintre Titien, intitulé « Concert champêtre ». Dans cette scène, deux femmes sont également nues. Ce sont Calliope et Polymnie, Muses de la poésie. Egalement, sont présents deux hommes habillés. De par l’agencement des différents éléments, les deux tableaux présentent des ressemblances.

parlons d'art - manet
Concert Champêtre – Titien

L’écrivain Emile Zola s’exprimera également à propos du Déjeuner sur L’Herbe :

« Le Déjeuner sur l’herbe est la plus grande toile d’Édouard Manet, celle où il a réalisé le rêve que font tous les peintres : mettre des figures de grandeur nature dans un paysage. On sait avec quelle puissance il a vaincu cette difficulté. Il y a là quelques feuillages, quelques troncs d’arbres, et, au fond, une rivière dans laquelle se baigne une femme en chemise ; sur le premier plan, deux jeunes gens sont assis en face d’une seconde femme qui vient de sortir de l’eau et qui sèche sa peau nue au grand air. Cette femme nue a scandalisé le public, qui n’a vu qu’elle dans la toile. Bon Dieu ! quelle indécence : une femme sans le moindre voile entre deux hommes habillés, mais quelle peste se dirent les gens à cette époque ! Le peuple se fit une image d’Édouard Manet comme voyeur. Cela ne s’était jamais vu.

Et cette croyance était une grossière erreur, car il y a au musée du Louvre plus de cinquante tableaux dans lesquels se trouvent mêlés des personnages habillés et des personnages nus. Mais personne ne va chercher à se scandaliser au musée du Louvre. La foule s’est bien gardée d’ailleurs de juger Le Déjeuner sur l’herbe comme doit être jugée une véritable œuvre d’art ; elle y a vu seulement des gens qui mangeaient sur l’herbe, au sortir du bain, et elle a cru que l’artiste avait mis une intention obscène et tapageuse dans la disposition du sujet, lorsque l’artiste avait simplement cherché à obtenir des oppositions vives et des masses franches. Les peintres, surtout Édouard Manet, qui est un peintre analyste, n’ont pas cette préoccupation du sujet qui tourmente la foule avant tout ; le sujet pour eux est un prétexte à peindre tandis que pour la foule le sujet seul existe.

Ainsi, assurément, la femme nue du Déjeuner sur l’herbe n’est là que pour fournir à l’artiste l’occasion de peindre un peu de chair. Ce qu’il faut voir dans le tableau, ce n’est pas un déjeuner sur l’herbe, c’est le paysage entier, avec ses vigueurs et ses finesses, avec ses premiers plans si larges, si solides, et ses fonds d’une délicatesse si légère ; c’est cette chair ferme modelée à grands pans de lumière, ces étoffes souples et fortes, et surtout cette délicieuse silhouette de femme en chemise qui fait dans le fond, une adorable tache blanche au milieu des feuilles vertes, c’est enfin cet ensemble vaste, plein d’air, ce coin de la nature rendu avec une simplicité si juste, toute cette page admirable dans laquelle un artiste a mis tous les éléments particuliers et rares qui étaient en lui. »

Emile Zola, Edouard Manet – 1867
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Le Déjeuner sur l’Herbe – Claude Monet; inspiré par le tableau homonyme d’Edouard Manet

Histoire de Créatives : Marie Laurencin

Venez à la rencontre de célèbres femmes talentueuses et créatives !

parlons d'art - marie laurencin

1883 – 1956

Née d’un père inconnu, Marie Laurencin doit se battre pour faire sa place dans la société du XXème siècle en tant que femme artiste.

Ses influences sont notamment Pablo Picasso (cubiste) et Henri Matisse. (fauviste, dont nous avions déjà parlé lors d’un précédent Parlons d’Art, juste ici). Elle dépassera cependant ces deux mouvements par son style, qualifié de « nymphisme ». Marie Laurencin est également associée à la naissance de l’art moderne.

parlons d'art - marie laurencin
Photographie de Marie Laurencin

Son style aux couleurs pastels et douces, avec des dominances de rose, blanc et bleu, met en scène des femmes ou de jeunes adolescentes. Elle réalise également des natures mortes et des bouquets de fleurs.

Marie Laurencin deviendra par la suite la portraitiste officielle du milieu mondain de l’époque. Elle travaillera notamment pour les grandes stylistes Nicole Groult et Coco Chanel. Elle sera également décoratrice pour l’Opéra-Comique et la Comédie Française. Ses portraits connaîtront un immense succès des années durant, avant que les ravages de la deuxième guerre mondiale ne fasse tomber l’artiste en désuétude.

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Les belles aux Magnolias – Marie Laurencin

Elle a connu de nombreuses aventures avec des hommes et des femmes. L’une de ses relations les plus connues et qui aura marqué sa vie professionnelle et personnelle est celle avec Guillaume Apollinaire. Tout comme ce fut le cas pour Camille Claudel par rapport à Auguste Rodin (NDLR : nous vous en parlions dans ce Parlons d’Art), Marie Laurencin aura des difficultés à se détacher de l’ombre d’Apollinaire. Et tout comme Camille, elle se posera alors des questions sur son identité.

Joe Dassin chantera sa peinture dans son succès L’été Indien. Mais malgré tout peu connu en France, son travail est cependant adulé au Japon.

A l’occasion du festival international d’Annecy qui s’est terminé il y a peu, nous vous invitions à découvrir notre article sur l’un des films en compétition, Empty Places ! Nous vous parlons aussi de tous les événements liés au Festival d’Annecy ici !

Si vous avez aimé cet articlen’hésitez pas à aller jeter un œil à la dernière édition de Parlons d’Art !, où nous vous parlions notamment de Louise Abbéma, La Vénus de Botticelli, et de l’artiste Le Bakarau !

A la semaine prochaine pour une nouvelle chronique Parlons d’Art !

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