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Parlons d’Art ! Avec Marine Mina

Parlons d’Art ! Avec Marine Mina

Tous les mardis, venez prendre votre dose artistique avec Parlons d’Art ! Sur notre palette, nous vous proposons l’interview d’un.e artiste, mais également la découverte de l’histoire d’une peinture célèbre, et l’histoire d’une femme qui a marqué l’histoire par sa créativité ! Cette semaine, nous vous parlerons sirène avec Marine Mina. Egalement, nous verrons l’histoire de Louise Bourgeois ainsi que de l’oeuvre de Salvador Dali.

L’Artiste de la Semaine : Marina Mina

Nous vous proposons chaque semaine de découvrir – sous forme de 3 questions – un.e nouveau.elle artiste. Il/elle raconte au Scribouillard son parcours, ses difficultés et ses influences artistiques.

Pouvez-vous vous présenter et nous parler de votre travail artistique ?

Alors, je suis Marine, j’ai 23 ans et cela fait environ 4 ans que je dessine sérieusement. J’ai toujours du mal à décrire mon travail, car je ne sais pas dans quelle « catégorie » artistique me placer. Quelque part vers le style semi-réaliste fantasy, avec sans doute une influence pinup…
Comme beaucoup d’artistes, je dessine principalement des femmes. Mes sources d’inspirations sont nombreuses, et tout autour de moi peut provoquer une étincelle. Mais je vais quand même citer en grandes premières la féminité, la sensualité, les émotions et le mysticisme.

J’aime imaginer que chaque personnage créé a une histoire, des émotions, une force et une fragilité à la fois. Mon but est de déclencher tous ces ressentis chez le spectateur, tout en laissant suffisamment de mystère pour que chacun interprète à sa façon !

Depuis quelques temps, j’essaie d’inclure certaines valeurs dans mes créations et mon univers, afin d’aller un peu plus loin qu’une simple recherche esthétique. J’essaie d’apprendre à travailler avec différentes couleurs de peau, différents corps, plus ou moins en chair… Il me reste énormément d’efforts à faire là-dessus, donc ce n’est pas encore très visible, mais j’y travaille !

parlons d'art - marine mina sirène
© Marine Mina

Avez-vous connu des difficultés, des périodes creuses ?

Ah, ça ! Qui n’en a pas connu ?

Déjà, comme dit plus haut cela ne fait que 4 ans que j’ai repris le dessin sérieusement. Si je griffonnais un peu à l’adolescence, je me suis complètement désintéressée de tout ce qui est artistique pendant mes études universitaires (qui n’avaient donc rien à voir avec l’art !). C’est un peu étrange mais l’envie de reprendre les crayons a été soudaine, un jour de vacance ennuyeux. On peut donc parler d’une sacrée période creuse, de plusieurs années !

Depuis, tout ne s’enchaîne pas tranquillement non plus. Il y a beaucoup d’obstacles à la création et, pour ceux qui veulent aller jusque là (ce qui est mon cas), la carrière artistique.

Tout d’abord, il faut mentionner le fameux « artblock » que tout créatif connait : ce manque d’inspiration soudain et inexpliqué. J’ai la chance d’être assez peu touchée par le « manque d’inspiration ». J’en ai généralement à revendre. Mon problème, c’est plutôt le manque de temps libre, de motivation et de discipline. Car à l’heure actuelle, je suis très loin de vivre de l’illustration, et il me faudra sans doute encore des années de travail acharné et régulier avant d’en caresser l’espoir. Ce qui signifie devoir conjuguer mon emploi salarié à temps plein avec ma toute petite (mais chronophage) entreprise artistique. En somme, cumuler 2 emplois. Alors c’est sur que ce n’est pas facile tous les jours !

Pour terminer sur ce sujet, je veux aussi parler du fait qu’en tant que dessinateur/illustrateur/peintre, on est peu reconnus. Beaucoup de gens estiment que l’illustration ne mérite pas salaire. « C’est ta passion, tu ne devrais pas faire ça pour l’argent… Hein ? Attends tu veux que je te paie ? ». Il faut bien comprendre que derrière une illustration, même petite, se cachent souvent des heures de recherches et d’essais pour arriver au meilleur résultat possible. Même pour les artistes forts de 20 ans d’expérience, une création ne prend pas que « 5 minutes, vite fait, et 0 effort ».

parlons d'art - marine mina femme
© Marine Mina

Quelles ont été vos influences dans le domaine artistique et quels sont vos artistes préférés ?

Je pense que mes toutes premières influences, qui sont encore très fortes aujourd’hui, remontent à mon adolescence, pendant laquelle j’étais à fond sur les bouquins de fantasy, les mondes imaginaires, les jeux vidéos de type MMORPG, et ou j’étais complètement plongée dans toute cette culture geek/fantasy. Ce n’est pas pour rien qu’à l’âge adulte je me retrouve encore à dessiner des elfes et des sirènes !

Ensuite, je suis en permanence influencée par de nombreux artistes dont j’adore l’univers. Je ne citerai aucun « grand artiste classique », car honnêtement, je suis beaucoup plus sensible au travail des créateurs actuels, qui se font généralement connaître sur les réseaux sociaux.

Déjà, on a @myrmidia, qui réaliste des pin-up fantasy absolument incroyables. J’aime sa capacité à inclure tout type de corps dans son travail, et faire ressortir la beauté et la sensualité de chacun d’entre eux.

On continue sur un registre un peu coquin avec @kinkykarrot. On est encore sur un style pinup avec une politique assumée : des illustrations érotiques faites par une femme, pour les femmes !

Graphillustratrice française, @xuancalen, qui soutient les entreprises éthiques et positives grâce à ses nombreux talents, a un univers bien sympathique qui vaut le détour !

Plus dans la poésie, je suis absolument émerveillée par les créations de @kelogsloops et @nikolas_tower. Toujours sur un registre poétique empreint de fantasy et de mondes imaginaires, j’aime beaucoup @juneleeloo, @stephryanart, @danica.sills et @naomivandoren.

Allez, un dernier et je m’arrête : je veux aussi mentionner @kepayett, car son dernier projet est magnifique et m’a beaucoup touchée. Si j’avais cet objectif en tête depuis un moment, c’est en découvrant ses œuvres que je me suis vraiment décidée à apprendre à dessiner tout type de corps et d’être humain, pour représenter un maximum de communautés dans mon univers.

Pour en découvrir plus sur l’artiste et sa passion, n’hésitez pas à aller sur son compte instagram :

Canevas d’Autrefois : Dalí et la fuite du temps

Toute oeuvre d’art possède une histoire. Découvrez celle qui se cache derrière ce célèbre tableau.

parlons d'art - dali

La Persistance de la Mémoire est l’oeuvre la plus célèbre du peintre surréaliste Salvador Dalí. L’artiste y représente des montres à gousset qui fondent sur la plage de Portllifat, un petit village de Catalogne.

L’oeuvre reflète ici les angoisses du peintre devant la fuite du temps et l’arrivée de la mort. Le temps et la mort étant d’ailleurs deux thèmes très présents chez les surréalistes.

Il utilise dans ce tableau plusieurs procédés picturaux de cette période. L’opposition dur-mou de ses montres molles, qui fait référence à la rigidité du temps tout en l’opposant au fait que le temps avance inexorablement, comme une fuite dont il est impossible d’échapper. Mais également d’autres éléments sont présents : le comestible (camembert), le bestiaire (fourmis, mouches), la sexualité et l’autoportrait.

Le moins que l’on puisse demander à une sculpture, c’est qu’elle ne bouge pas. – Salvador Dalí

Tous ces éléments peuvent être mis en parallèle avec le titre. Comme souvent chez les surréalistes il y a ici une opposition entre les éléments de la peinture et le titre. Si ses montres molles font référence au temps qui s’échappe, le titre quant à lui induit une notion de permanence, de durée : « la persistance » et la « mémoire ».

Le peinture lui-même disant en parlant de son oeuvre :

 « Les montres molles sont comme du fromage, et surtout comme le camembert quand il est tout à fait à point, c’est-à-dire qui a la tendance de commencer à dégouliner »

parlons d'art - marine mina
Lever de soleil sur l’océan – Salvador Dalí

Histoire de Créatives : Louise Bourgeois

Venez à la rencontre de célèbres femmes talentueuses et créatives, qui luttent pour la cause féminine à travers leur art !

1911 – 2010

Louise Bourgeois est une sculptrice et plasticienne française, notamment connue pour ses sculptures monumentales.

Ses thèmes de prédilection sont l’univers domestique et la famille. Dû notamment à son éducation qui l’a fait beaucoup souffrir enfant, et qui a laisse ses traces dans son style artistique. Ses parents travaillaient en tant que restaurateurs de tableaux, ce qui fait qu’elle a pu tout jeune s’initier au travail artistique. Elle idolâtrait sa mère, féministe qui dirigeait le travail, tandis qu’elle haïssait son père qui trompait sa mère. Celui-ci a même eu l’audace d’engager comme gouvernante sa maîtresse, ce que Louise percevra comme une trahison, et se sent manipulée par les adultes.

Louise Bourgeois commença sa carrière en 1940, lorsqu’elle déménagea à New-York. Dans ses premiers dessins et peintures, son univers artistique tourne ainsi autour de la procréation, la naissance et la maternité. Son thème prédominant prend les traits de « femmes-maisons ». Les maisons représentaient l’enfermement domestique.

Avec son oeuvre « destruction du père », elle exerce une catharsis, puisqu’en effet dans cette oeuvre, qui est une installation dans une pièce ressemblant à un utérus, les formes représentant les enfants se sont rebellés, ont assassiné et mangé leur père. Louise Bourgeois règle ici en quelques sortes ses comptes avec les humiliations subies dans son enfance.

parlons d'art - marine mina  femme-maison
Femme maison – Louise Bourgeois 1994

Elle crée également des « Personnages », qui sont 80 figures totémiques longilignes en bois. Ces sculptures lui permettent d’exorciser le mal du pays et font notamment référence à des personnages du passé de Louise Bourgeois, avant qu’elle ne parte vivre à New-York.

Ces personnages lui permettent également d’exprimer sa peur de la chute. Par leur hauteur et leur verticalité vertigineuse, ces figurines donnent l’impression qu’elles pourraient tomber à n’importe quel moment. A propos du thème de la chute, elle dira d’ailleurs :

« Au départ, mon travail c’est la peur de la chute. Par la suite c’est devenu l’art de la chute. Comment tomber sans se faire mal. Puis l’art d’être ici, en ce lieu. »

L’art est une garantie de santé mentale – Louise Bourgeois

Elle créera par la suite des œuvres où elle mettra en scène des organes sexuels féminins et masculins.

Ses différents travaux font d’elle une figure de proue du féminisme, mais elle n’appréciait pas d’être vue comme une « mère » du féminisme. Elle explique d’ailleurs elle-même :

« Les féministes m’ont prise comme modèle, comme une mère. Mais ça m’ennuie. Ça ne m’intéresse pas d’être une mère. Je suis encore une fille qui cherche à comprendre qui elle est »

Le travail artistique de Louise Bourgeois a été reconnu comme très influent pour les revendications féministes.

parlons d'art - marine mina  maman
Maman – Louise Bourgeois 1999

Une de ses dernières œuvres représente une sculpture d’araignée gigantesque intitulée « Maman », en référence à sa mère défunte. C’est ici à nouveau le thème de la maternité, avec comme symboles de tissage, de son et de protection. L’artiste expliquera à propos de son oeuvre :

 « L’araignée est une ode à ma mère. Elle était ma meilleure amie. Comme une araignée, ma mère était une tisserande. Ma famille était dans le métier de la restauration de tapisserie et ma mère avait la charge de l’atelier. Comme les araignées, ma mère était très intelligente. Les araignées sont des présences amicales qui dévorent les moustiques. Nous savons que les moustiques propagent les maladies et sont donc indésirables. Par conséquent, les araignées sont bénéfiques et protectrices, comme ma mère. »

Si vous avez aimé cet article qui vous parle de Louise Bourgeois, Marine Mina et de Salvador Dali, et que vous souhaitez découvrir d’autres artistes et oeuvres, n’hésitez pas à aller jeter un œil à la dernière édition de Parlons d’Art !, où nous vous parlions notamment de l’artiste Artemisia Gentileschi et d’une peinture du célèbre Piet Mondrian. Nous vous invitons également à aller découvrir notre petit guide pour bien se lancer dans l’auto-édition !

A la semaine prochaine pour une nouvelle chronique Parlons d’Art !

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