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Parlons d’Art ! Avec Le Bakarau

Parlons d’Art ! Avec Le Bakarau

Tous les mardis, venez prendre votre dose artistique avec Parlons d’Art ! Sur notre palette, nous vous proposons l’interview d’un.e artiste. Mais également la découverte de l’histoire d’une peinture célèbre, et l’histoire d’une femme qui a marqué l’histoire par sa créativité ! Découvrez cette semaine dans Parlons d’Art l’interview de Le Bakarau, l’histoire de Louise Abbéma mais aussi une peinture de Botticelli !

L’Artiste de la Semaine : Le Bakarau

Nous vous proposons chaque semaine de découvrir – sous forme de 3 questions – un.e nouveau.elle artiste. Il/elle raconte au Scribouillard son parcours, ses difficultés et ses influences artistiques.

parlons d'art - bakarau

Pouvez-vous vous présenter et nous parler de votre travail artistique ?

Je m’appelle originellement Cynthia et j’ai choisi comme nom d’emprunt Bakarau décoré d’un Le pour le côté fancy. Je suis au milieu de ma 25 ème années sur Terre et officiellement je suis Ingénieur Test et Validation de logiciel dans une entreprise qui fait des capteur de lecture automatique des plaques en région parisienne. Officieusement ! Je prends les traits d’un lutin (Le Bakarau) pour dessiner un peu de tout et n’importe quoi. J’essaie de me recentrer sur la BD qui est la discipline la plus proche de ce qui m’a fait me mettre au dessin : l’animation 2D. J’ai un peu le regret d’avoir peu de connaissances et d’amis dans le domaine bande dessinée pour me guider. Mais j’ai quand même quelques bonnes amies dans l’animation ou l’illustration comme hobby qui m’évitent au moins de dévier du dessin.

Chronologiquement, j’ai commencé à dessiner des chevaux pour en arriver à de la BD. J’ai même eu une année où j’ai fait de l’animation comme c’était mon rêve. Récemment, en 2017 j’ai créé Another Space, un artbook de vulgarisation de l’histoire du cosmos, avec Celunia. Et nous sommes actuellement en train de travailler sur une BD que l’on poste sur webtoon concernant la vie des planètes du système solaire que nous avons créé pour cet Artbook et qui s’appelle l’Astrocoloc  J’ai aussi décidé de faire un livre sur la mythologie et les chevaux pour conclure ma période jouvencelle de la même façon qu’elle a commencé… avec des poneys.

« J’essaie de me recentrer sur la BD qui est la discipline la plus proche de ce qui m’a fait me mettre au dessin : l’animation 2D« 

Puis aussi je poste une série nommée Le Mire Aux Oisels sur Mangadraft. Un autre petit projet qui n’a pas beaucoup mon attention à cause de la masse d’autre travail que je me donne, c’est le redesign des personnage de miraculous version années 1920. Je me suis prise de passion pour cette période à cheval entre 1800 et 1900 et j’essaie toujours d’avoir un style vestimentaire qui s’en rapproche. Actuellement, pour compenser les projets, je me suis payée des cours d’art libre. C’est juste pour m’améliorer encore tout en mettant mes progrès sur une chaîne Youtube créée en 2019 dans le but de suivre mes progrès et en garder une trace.

parlons d'art - bakarau
© lebakarau

Avez-vous connu des difficultés, des périodes creuses ?

A vrai dire, ma vie entière est une période creuse. Mais il y en a qui le sont plus que d’autre. 

D’un point de vu artistique global, je n’ai jamais été une personne populaire. C’est ce qui m’a fait abandonner l’idée même de faire des études d’art puisque pour avoir de l’argent, il faut avoir des relations. Et je suis la dernière personne à en avoir. J’aime penser que si je ne suis pas artiste c’est à cause des autres. Mais c’est juste que j’aime la stabilité et accumuler de l’argent tel le lutin que je suis.

D’un autre côté, en BD j’ai eu une grosse période creuse depuis 2017 où j’ai juste arrêté de participer à des concours comme ceux de Mangadraft. Je n’ai plus fait de BD autrement que par les 23h de la BD, un défi où pendant 23h il faut créer une BD complète de 24 pages. (NDLR : nous avons réalisé plusieurs articles sur le sujet, dont une interview de la chargée de communication de ce projet de l’événement !) Ce qui me semble être un gros vide dans ma vie. Je suis en train de reprendre avec Le Mire Aux Oisels (une BD médiévale) et L’Astrocoloc (le webtoon en collab avec Celunia). J’espère pouvoir concrétiser d’autres projets et perdre ma peur d’envoyer des dossiers à des éditeurs. 

« Pour l’instant, j’ai l’impression que 2019 est une année où j’ai enfin appris à nager »

Une autre période qui me semble être un flop total en art (mais pas relationnellement, heureusement), c’est la période des role play sur DeviantArt qui m’a fait stagner assez gravement en dessin. Au point qu’en 2018 à chaque fois que je voyais un dessin par une amie ou une connaissance ou même juste un « draw this again« , je me sentais trop mal. Je trouvais que les autres s’amélioraient significativement en 1 an mais pas moi.

Et 2019 avec un travail, la découverte de Innocent, une amie qui m’encourage vers le réalisme, l’achat d’une cintiq companion à une autre amie, la muscu en salle et un tas d’autres événements, c’était enfin un année dont j’étais fière. Au point que j’ai décidé de faire de mon inktober un livre et de créer une chaîne youtube. Parce qu’en 2020 j’avais décidé que j’allais m’entraîner et que je voulais garder une trace de mes expérimentation.

Pour l’instant, j’ai l’impression que 2019 est une année où j’ai enfin appris à nager. Alors que je barbotais pendant 8 ans avant. On verra dans 5 ans si je n’ai pas encore une année de fou.

parlons d'art - bakarau
© Le Bakarau

Quelles ont été vos influences dans le domaine artistique, et quels sont vos artistes préférés ?

L’histoire qui me lie au dessin remonte dans les années 2000 où le film Spirit, stalion of the cinnamon est sortie en DVD avec un bonus qui apprenait le dessin. J’ai aussi appris à dessiner des fées avec les Winx. Mais je voulais toujours être archéologue ou écrivaine. Et puis est arrivé le manga qui a pris de l’ampleur avec Naruto . C’est la première fois que j’ai voulu mettre mes histoires sous forme purement graphique. Alors j’ai tenté de dessiner aussi bien que Masashi Kishimoto pour finalement me dire que j’allais faire une BD. (et j’en ai faite une, elle a duré 5 chapitre 16 pages avant que j’abandonne car les seules personnes qui lisaient trouvait ça fouilli).

J’ai alors écumé Skyblog et les forums de dessin pour tenter de montrer mes dessins et m’améliorer. Pour aussi participer à des concours et essayer de montrer des illus super travaillées. (mais j’avais le niveau que j’avais avec mes 16 ans et ma volonté de devenir ingénieure pour avoir de l’argent).

Bref j’ai commencé à m’éduquer et ma passion pour l’archéologie m’a été bénéfique. J’ai pris pour modèle les sculptures grecque et les peintures et sculptures classiques de la renaissances pour travailler mon anatomie. Il y a eu un peu d’art nouveau également, puis beaucoup de disney et de dreamworks 2D aussi. L’influence de Yana Toboso s’est senti un temps.

« J’ai pris pour modèle les sculptures grecque et les peintures et sculptures classiques de la renaissances pour travailler mon anatomie« 

Récemment j’ai été passionné par les BD sur le VXIIIeme siècle grâce à une partenaire de RP qui m’a montré Innocent de Shin’ichi sakamoto. Ce qui je l’avoue, m’a aidé à m’améliorer en 2019. Et a probablement été la cause de mon changement de pseudo à la fin de l’année 2019 pour Lebakarau. Puis pour le Mermay de 2020, j’ai tenté d’imiter un style de ligne à la manière de Jonh Austen et des manga shojo des années 70-80 avec Keiko Takemiya, Moto Hagio qui s’inspirent beaucoup de l’art nouveau et moi c’est mon petit faible les lignes, les courbes et la simple complexité. 

D’ailleurs, ce qui m’inspire aussi au niveau des scénarios, parce qu’il en faut en BD, c’est principalement cette branche de la SF d’anticipation où se trouvent 1984 et A Brave New World. Mais aussi les contes classiques dont le traitement de la moral par une métaphore est ce qui m’attire le plus.

Même si elle est longue, la liste n’est pas exhaustive, je pense. Mais j’ai du mal à apprécier un artiste. J’aime plutôt une oeuvre ou une technique. Je me l’approprie très rapidement avant d’en oublier l’origine et c’était mon principal défaut plus jeune.

Pour en découvrir plus sur l’artiste et sa passion, n’hésitez pas à aller sur son compte instagram :

Canevas d’Autrefois :

Toute oeuvre d’art possède une histoire. Découvrez celle qui se cache derrière ce célèbre tableau.

parlons d'art - vénus botticelli

Ce célèbre tableau de Sandro Botticelli, peintre florentin du XVème-XVIème siècle, est tiré de la mythologie gréco-romaine. Cette représentation de la déesse Vénus sortant de l’eau est tiré du courant artistique appelé Vénus Anadyomène. Cependant, la Vénus de Botticelli n’est pas exactement semblable aux Vénus provenant de ce courant.

En effet, pour la posture de sa Vénus, Botticelli s’est inspiré d’une statue de marbre de l’Antiquité, intitulée La Vénus de Médicis. Le peintre a en effet pu étudier la gargantuesque collection des Médicis, où se trouvait cette statue.

Les courbes de la Vénus répond au canon esthétique de l’époque. De ce tableau, en ressort une sensation de calme, comme sorti d’un rêve. La Vénus semble ailleurs et son regard est perdu dans le vague.

parlons d'art - bakarau
La Vénus de Médicis

Le tableau serait inspiré d’un passage d’un poème d’Ange Politien, humaniste du 15ème siècle et l’une des grandes figures de la Renaissance. Dans un passage des « Stances », le poète y décrit des statues placées à l’entrée du palais de Vénus. Ce qui aurait été l’inspiration de Botticelli pour sa Vénus.

« Dans l’Égée tempétueux, dans le sein de Thétys,
(…) et née dedans, avec un air charmant et joyeux,
une damoiselle plus qu’humaine de visage,
par des Zéphyrs lascifs poussée vers le rivage,
aller sur un coquillage, et il semble que le ciel en jouisse,
(…) On aurait pu jurer que de l’onde jaillissait
la déesse, pressant de la main droite, sa chevelure,
que de l’autre main son tendre fruit elle recouvrait ; (…) »

Ange Politien, Stances

Ce qui a fait la célébrité de cette peinture, et qui fait qu’aujourd’hui encore elle est très connue, est notamment le fait qu’elle représente un personnage féminin dénudé. Ce n’était jusqu’alors réservé uniquement aux œuvres religieuses.

Le chef-d’oeuvre du peintre a souvent été représenté et caricaturé, notamment dans la pop culture. Par exemple, la couverture d’un album de Lady Gaga représente cette Vénus, mais on peut également la retrouver dans l’un des épisodes des Simpsons ! Son visage se retrouve également sur la pièce italienne de 10 centimes d’euros.

Histoire de Créatives : Louise Abbéma

Venez à la rencontre de célèbres femmes talentueuses et créatives, qui luttent pour la cause féminine à travers leur art !

parlons d'art - louise abbéma

1853 – 1927

Louise Abbéma est l’une des rares peintres qui a réussi à faire sa place en tant que femme artiste, tout comme ce fut le cas pour Rosa Bonheur. C’est le portrait qu’elle réalise de Sarah Bernhardt qui la fait connaître. Celle-ci réalisera également un portrait de Louise en marbre (NDLR : nous vous en parlions lors d’un précédent Parlons d’Art !)

Elle se spécialise dans le portrait, comme celui Sarah Bernhardt notamment, qui fut d’ailleurs sa compagne. Mais elle réalisa de nombreux autres portraits.

parlons d'art - louise abbéma
Sarah Bernhardt à la chasse avec des molosses – Louise Abbéma

Ses portraits symbolisent l’image de la femme dans la société de l’époque, époque marquée notamment par la modernité. Louise Abbéma peint de manière novatrice un portrait : en buste ou en pied.

En faisant partie de l’entourage de la comédienne à succès, de nombreuses portes se sont ouvertes devant elles. Elle a ainsi pu côtoyer la mondanité de la société de l’époque, comme notamment l’univers de la Comédie-Française.

Louise Abbéma s’est parfaitement bien intégrée aux peintres réputés au Salon. Son succès était tel que même les critiques d’art les plus connus ne tarissaient pas d’éloges sur la jeune artiste. Parmis eux, Edmond Duranty ou Jorys-Karl Huysmans n’ont pu passer à côté de l’originalité de Louise. Séverine, une écrivaine, journaliste et féministe influente, admirait cette femme qui avait réussi dans un « milieu d’hommes ». Elle la comparait même à « abbé janséniste affublé de cotillons », dû à l’apparence masculine et stricte de Louise Abbéma, alors qu’à côté de cela, elle était une personne joyeuse et chaleureuse.

Louise Abbéma était une « abbé janséniste affublé de cotillons » d’après la journaliste reconnue Séverine

parlons d'art - louise abbéma
« Dans les fleurs » – Louise Abbéma

Louise Abbéma luttait pour la cause féministe. Elle faisait également partie de la délégation de femmes françaises artistes présentés à L’exposition Universelle de Chicago.

L’artiste réalise également des dessins pour plusieurs revues d’art et illustre La Mer de René Maizeroy. Elle est nommée Chevalier de la Légion d’Honneur en 1906.

 — Est-il vrai qu’un vieux sorcier a prédit que vous deviendriez une artiste renommée?

— Oui, c’est une histoire étrange. Quand j’étais petite, à l’âge de dix ans, nous étions en Bretagne, à Morlaix, dans le Finistère, et un jour, je suis partie avec une amie, une jeune peintre pour qui j’avais une profonde admiration. Elle venait de voir certaines de ses peintures accrochées au Salon et c’était pour moi un génie. Comme enfant de cette soirée, j’ai eu la place d’honneur, sur le siège supérieur de la calèche et après avoir parcouru une certaine distance, un vieux docteur de Roscoff est monté dans le véhicule, considéré par les habitants comme un magicien.

Je pense qu’il avait parlé de moi auparavant à mon amie, mais de ma position, je ne pouvais rien entendre. Cependant, quand nous sommes descendus, il m’a attiré vers lui et m’a dit: “Tu seras non seulement tout ce que tu souhaites, mais tout ce que celle-ci, dont la carrière est finie, eût souhaité d’être”.

Extrait d’une interview de Louise Abbéma pour le journal londonien « The Sketch » – 1895

A l’occasion du festival international d’Annecy qui s’est terminé la semaine dernière, nous vous invitions à découvrir notre article sur l’un des films en compétition, Empty Places ! Nous vous parlons aussi de tous les événements liés au Festival d’Annecy ici !

Si vous avez aimé cet articlen’hésitez pas à aller jeter un œil à la dernière édition de Parlons d’Art !, où nous vous parlions notamment de la photojournaliste Dorothea Lange, mais aussi de Pia et d’Henri Matisse.

A la semaine prochaine pour une nouvelle chronique Parlons d’Art !

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