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Parlons d’Art ! Avec l’artiste Eily

Parlons d’Art ! Avec l’artiste Eily

Tous les mardis, venez prendre votre dose artistique avec Parlons d’Art ! Sur notre palette, nous vous proposons l’interview d’un.e artiste, mais également la découverte de l’histoire d’une peinture célèbre, et l’histoire d’une femme qui a marqué l’histoire par sa créativité ! Cette semaine, notre Parlons d’Art tournera notamment autour d’Alphonse Mucha. Avec l’interview d’Eily, dont l’art est en partie influencé par le peintre, mais aussi de Sarah Bernhardt pour laquelle il a travaillé !

L’Artiste de la Semaine : Eily

Nous vous proposons chaque semaine de découvrir – sous forme de 3 questions – un.e nouveau.elle artiste. Il/elle raconte au Scribouillard son parcours, ses difficultés et ses influences artistiques.

parlons d'art -eily

Pouvez-vous vous présenter et nous parler de votre travail artistique ?

Bonjour ! Je suis Eily, j’ai 28 ans, et si mon activité principale n’a rien de créatif (je suis développeuse COBOL, un vieux langage informatique à la base des systèmes bancaires), l’illustration et la BD sont mes véritables domaines de prédilection.

J’ai commencé à dessiner de façon sérieuse et intensive lorsque j’étais au lycée, de façon totalement autodidacte, en me basant sur les mangas et BDs que je lisais à l’époque. Mon style a donc beaucoup été influencé par le manga, mais j’essaie aujourd’hui de m’en détacher un peu, pour trouver quelque chose de plus personnel.

Mon travail est très inspiré par l’Art Nouveau, aussi bien dans les sujets que les compositions : j’adore dessiner des personnages féminins et des éléments floraux, c’était donc un courant tout indiqué !
Les cheveux font aussi partie de mes sujets de prédilection. C’était quelque chose qui me posait énormément de difficultés à l’époque, mais à force d’entraînement et de persévérance, c’est maintenant ce que je préfère travailler, et j’en use et en abuse partout. On ne dirait pas, mais c’est extrêmement détendant.

Côté projets, je travaille en ce moment sur la réalisation de « Mystères d’Isis », un recueil d’illustrations basé sur la mythologie égyptienne.
Je compte aussi me lancer sérieusement dans la BD d’ici quelques mois, pour mettre sur papier le tout premier projet de mon adolescence (après moult réécritures), « Källah », qui se déroule dans un univers fantasy.

parlons d'art - eily
© Eily

Avez-vous connu des difficultés, des périodes creuses ?

Oh oui ! C’est une étape un peu obligée pour tout artiste je pense. On est constamment face à nos doutes et nos angoisses, ce qui peut impacter nos capacités de travail et nous renvoyer de plus belles à de nouvelles angoisses. C’est une spirale infernale où il devient difficile de créer et d’avancer, et de laquelle il est parfois compliqué de s’extirper.

Personnellement j’ai la chance d’avoir une activité salariée. Je peux donc me permettre d’avoir « des jours sans » sans que cela impacte mes revenus.
A l’inverse par contre, ça me laisse très peu de temps libre pour pratiquer. Sachant que toute pratique artistique devient très vite extrêmement chronophage. C’est très frustrant de ne pas pouvoir dédier autant de temps que l’on souhaiterait à ses projets, et à vouloir mener deux activités de front, on tombe vite dans le piège du surmenage.
C’est ce qui m’est arrivé récemment, et j’ai dû lever le pied pour éviter d’y laisser ma santé.

parlons d'art - eily
© Eily

Quelles ont été vos influences dans le domaine artistique, et quels sont vos artistes préférés ?

Comme dit plus haut, j’ai été très influencée par le manga et la pop culture en général. Je suis une grosse lectrice de fantasy, et une grande fan de Tolkien, ce qui a fatalement une influence sur les univers que je crée.

En termes d’artistes « classiques », j’adore évidemment le travail de Mucha. Et un de mes premiers contacts avec l’art a été au travers de l’impressionnisme et notamment Monet, qui reste un de mes peintres préférés. J’ai aussi été très fortement marquée par les œuvres de Niki de Saint Phalle. (NDLR : nous vous parlons également du travail de Monet dans ce Parlons d’Art, et de la vie de Niki de Saint Phalle dans celui-ci !)

Mais globalement, mes plus grandes inspirations et mes plus gros coups de coeurs viennent soit de la BD : Loisel (La quête de l’oiseau du Temps), Alessandro Barbucci (W.I.T.C.H ou Ekhö), Hiromu Arakawa (Full Metal Alchemist) ; soit d’internet : Nephyla, Orpheelin, Chane ou encore Doria Plume, pour n’en citer que quelques uns.

Pour en découvrir plus sur l’artiste et sa passion, n’hésitez pas à aller sur son compte instagram :

Canevas d’Autrefois :

Toute oeuvre d’art possède une histoire. Découvrez celle qui se cache derrière ce célèbre tableau.

parlons d'art - mucha

Alphonse Mucha arrive à Paris en 1887 afin de continuer ses études. Il se lance dans l’affiche puisque c’est un domaine prospère à cette époque. Il est alors embauché par la grande maison d’édition Armand Colin.

Lorsqu’il arrive en ville, il commence immédiatement un important catalogue en multipliant les photographies de modèles féminins. Ce catalogue est par ailleurs un témoignage intéressant sur les femmes de l’époque.

Un jour, il reçoit en urgence une commande de Sarah Bernhardt pour la pièce qu’elle dirige au théâtre de la Renaissance, Gismonda. Immédiatement, l’actrice est sous le charme du style élégant de l’artiste, qu’elle décide alors d’embaucher pour 10 ans. Ces affiches connaissent ainsi un succès fulgurant, et en deviennent très vite des objets de collection.

parlons d'art - mucha

Sur cette affiche intitulée Médée, l’artiste représente Sarah Bernhardt en vraie déesse de la Décadence. Dague au point, coiffée d’une couronne hérissée de piques, un bracelet en forme de serpent, les yeux fous, c’est une véritable meurtrière qui est ici dessinée. Le détail du serpent ayant plu énormément à l’actrice, elle demanda même au bijoutier Fouquet de lui en concevoir un modèle réel.

Comme souvent dans son style, Mucha s’inspire des icônes de l’art sacré. Egalement, il place son personnage sur fond de mosaïques byzantines. Le style de Mucha est même couronné par un médaille d’argent à l’exposition universelle de 1900.

parlons d'art - mucha

Histoire de Créatives : Sarah Bernhardt

Venez à la rencontre de célèbres femmes talentueuses et créatives, qui luttent pour la cause féminine à travers leur art !

parlons d'art - sarah bernhardt

1944 – 1923

Considérée comme l’une des actrices les plus importantes du XIXème et XXème siècle, Sarah Bernhardt était également peintre et sculptrice.

Née sous le nom de Rosine Bernhardt, Sarah vit une enfance très solitaire à Quimperlé, avant d’être envoyée au couvent de Grand-Champs à Versaille. A côté des cours religieux, elle s’initie également à la sculpture et à la peinture. Lors d’une représentation donnée au couvent, elle découvre également le théâtre, qui la fascine.

Par la suite, elle rentre au Conservatoire d’Art dramatique de Paris, puis à la Comédie Française. Après son départ tumultueux – elle a giflé une sociétaire – elle est engagée comme comédienne au Théâtre de l’Odéon, et connaît un succès notamment par son rôle de la Reine de Ruy Blas.

Comédienne au talent reconnu, mais s’ennuyant malgré tout dans sa vie, elle décide de s’adonner à ses premières amours : le modelage et la peinture. Elle fréquente alors l’Académie Julian et expose même au salon son tableau « La Jeune Fille et la Mort », en 1880. Elle réalisera également quelques statues en bronze, dont le buste d’Emile de Girardin et une de Louise Abbéma, qui furent d’ailleurs ses amant.e.s un temps. Ces bustes sont désormais exposés au Musée d’Orsay. Elle aura même réalisé un autoportrait, exposé désormais à la Fondation Bemberg à Toulouse.

parlons d'art - sarah bernhardt
Portrait de femme au chien – Sarah Bernhardt

A partir de 1893, elle devient la directrice du théâtre de la Renaissance et du Théâtre des Nations . Elle renommera d’ailleurs ce dernier : théâtre Sarah Bernhardt.

La vie est courte, même pour ceux qui vivent longtemps. Il faut vivre pour quelques-uns qui vous connaissent, vous apprécient, vous jugent et vous absolvent, et pour lesquels on a même tendresse et indulgence. – Sarah Bernhard

Durant ses nombreuses expériences, comme dans les pièces de Phèdre ou de Hernani, elle n’hésite pas à se déguiser en homme. Tout au long de sa vie, elle connaîtra de nombreux amant.e.s. De par son caractère, ses multiples liaisons et son comportement, on l’accusera d’être excentrique et de mentir énormément. Certains, comme Alexandre Dumas fils, la détesteront même. La comédienne sera par ailleurs affublée du surnom de « La Scandaleuse ».

Elle sera également très militante politiquement. Elle soutiendra Zola lors de l’Affaire Dreyfus, et également défendra Louise Michel en se positionnant contre la peine de mort.

A l’occasion du festival international d’Annecy se déroulant actuellement, nous vous invitons à découvrir notre article sur l’un des films en compétition, Empty Places ! Nous vous parlons aussi de tous les événements liés au Festival d’Annecy ici !

Si vous avez aimé cet article, n’hésitez pas à aller jeter un œil à la dernière édition de Parlons d’Art !, où nous vous parlions notamment de l’artiste Louise Bourgeois, Marine Mina et de Salvador Dali.

A la semaine prochaine pour une nouvelle chronique Parlons d’Art !

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