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Parlons d’Art ! Avec Ilumi Forest

Parlons d’Art ! Avec Ilumi Forest

Tous les mardis, venez prendre votre dose artistique avec Parlons d’Art ! Sur notre palette, nous vous proposons l’interview d’un.e artiste, mais également la découverte de l’histoire d’une peinture célèbre, et l’histoire d’une femme qui a marqué l’histoire par sa créativité ! Cette semaine, nous vous parlerons sculpture avec l’art de Ilumi Forest. Egalement, découvrez l’histoire de l’artiste de la Renaissance Artemisia Gentileschi mais également celle de la célèbre oeuvre de Piet Mondrian.

L’Artiste de la Semaine

Nous vous proposons chaque semaine de découvrir – sous forme de 3 questions – un.e nouveau.elle artiste. Il/elle raconte au Scribouillard son parcours, ses difficultés et ses influences artistiques.

parlons d'art - ilumi forest

Pouvez-vous vous présenter et nous parler de votre travail artistique ?

Mon nom est Ilyana, j’ai 31 ans et je suis russe. Je vis à Yekaterinburg, la 3ème capitale de la Russie. De formation, je suis doctoresse, j’ai deux diplômes dans des spécialités différentes. J’ai travaillé en tant que gynécologiste et j’avais pas mal de succès, mais je n’étais pas heureuse.

Je suis née artiste et amoureuse de science. J’ai réalisé que j’étais tellement passionnée que je pouvais sacrifier nourriture et sommeil au bénéfice de la créativité.

J’ai appris à sculpter moi-même et j’ai progressé très rapidement. J’avais envie d’enseigner aux autres comme sculpter de façon rapide. Mais ce qui est le plus important pour moi, c’est de revivre les images qui proviennent de mon imagination et de les partager avec les autres. Je me demande toujours ce que telle ou telle image donnerait en réalité. Le 31 mars dernier, cela faisait exactement un an depuis que j’ai commencé à sculpter et que j’ai téléchargé des photos pour mon compte Ilumiforest. J’avais également un autre projet, que j’ai abandonné, qui était Petaltoys.

parlons d'art - ilumi forest
© Ilumi forest

Avez-vous connu des difficultés, des périodes creuses ?

La principale difficulté c’est que j’ai envie de faire plaisir à tout le monde… Mais ce n’est pas la bonne chose à faire, parce qu’on a juste besoin de s’écouter soi-même. Désormais, j’ai des problèmes financiers parce que j’ai besoin d’investir du temps et de l’argent dans l’entraînement et l’amélioration de mon projet. Tout fonctionnera avec le temps, j’en suis convaincue.

Quelles ont été vos influences dans le domaine artistique, et quels sont vos artistes préférés ?

J’ai énormément d’artistes préférés. J’aime ceux qui rêvent et qui n’ont pas honte de leurs idées. *

* directement traduit de l’anglais

Pour en découvrir plus sur l’artiste et sa passion, n’hésitez pas à aller sur son compte instagram :

Canevas d’Autrefois : Mondrian et ses grilles de couleurs

Toute oeuvre d’art possède une histoire. Découvrez celle qui se cache derrière ce célèbre tableau.

parlons d'art - mondrian

Cette oeuvre réalisée par Piet Mondrian est un tableau très connu et souvent même décrié pour son apparente trop grande simplicité. Cependant, derrière cette peinture intitulée « Composition en rouge, jaune, bleu et noire », se cache toute une symbolique.

Le peintre n’en est pas à sa première peinture de ce type. Il a même créé ce style bien particulier, mélange paradoxale d’abstrait et de géométrie, qu’il a dénommé le néoplasticisme. C’est ici une révolution plastique de l’art abstrait qui veut mettre en image un monde sans objet.

Mondrian n’a pas toujours peint dans ce style. Il a commencé par la peinture de paysages, à la manière des peintures symboliques. Puis, il s’est dirigé vers le cubisme, sous l’influence d Braque et Picasso. Mondrian simplifie de plus en plus son travail artistique, au point qu’Apollinaire le décrira comme un « cubisme très abstrait ». Le motif de la grille deviendra petit à petit son obsession. Ce sera ainsi la base de pratiquement toutes ses œuvres, comme le seront également les couleurs primaires rouge, jaune et bleu. Le peintre définit lui-même ses peintures comme « une réalité abstraite ».

Les couleurs sont une part importante du travail de l’artiste. Cette composante est sans doute une influence du symbolisme, style avec lequel Mondrian avait fait ses débuts. En parlant des couleurs, il dira d’ailleurs :

« La couleur en elle-même comporte déjà une grande jouissance pour moi. Un jaune tout seul, un simple bleu, déploient pour moi tout un monde de beauté. (…) C’est entendu, la couleur en tant que telle vivifie tout, et il est possible, par la pure vision de la couleur, d’être porté à la plus grande élévation, oui, à la contemplation de l’Universel. »

L’art disparaîtra à mesure que la vie aura plus d’équilibre. Nous n’aurons plus besoin de peintures et de sculptures, car nous vivrons au milieu de l’art réalisé. – Piet Mondrian

Le bleu évoque le ciel, le rouge, la terre, et le jaune, le soleil, la lumière. Quant au vert, grand absent de ses peintures, il dira que pour lui cette couleur représente le chaos de la nature.

Le format de la grille est pour lui synonyme de sérénité. Les lignes horizontales et verticales apportent en effet une stabilité et un équilibre à sa peinture. Il dira ainsi sur son oeuvre :

« La luminosité du ciel prononce la verticale, l’horizon masqué prononce l’horizontale. La position oblique est exclue, (…) le grand repos serait rompu »

Pour le confort et le repos de l’âme et des yeux, chaque élément est pensé et placé d’une façon précise, et s’oppose avec son contraire : le noir s’oppose au blanc, tel le yin et le yang, et les couleurs s’opposent aux non-couleurs.

Chaque peinture est pensée de cette façon, mais offre des variantes illimitées.

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Broadway Boogie-Woogie – Mondrian, 1942/1943

Par la suite, il créera des variantes de ses peintures, comme notamment celle intitulée Broadway Boogie-Woogie. Cette oeuvre, ainsi que d’autres, lui seront inspirées par la ville de New-York, où il s’installe après avoir fuit l’Europe en 1940, en pleine Seconde Guerre Mondiale. Dans cette série d’œuvres, le noir disparaît complètement pour laisser place à de grandes avenues emplies de lumière, et toujours sous forme de grilles.

Histoire de Créatives : Artemisia Gentileschi, une artiste forte et indépendante

Venez à la rencontre de célèbres femmes talentueuses et créatives, qui luttent pour la cause féminine à travers leur art !

parlons d'art - artemisia

1593 – 1652

Artemisia Gentileschi est une peintre de la Renaissance, appartenant notamment au mouvement du Caravagisme (mouvement apparu à la suite de l’oeuvre du peintre Caravage). Pour celle qui est l’une des premières femmes peintres reconnues, elle n’a pas été épargnée par la vie.

Son père, Orazio Lomi Gentileschi était un peintre très connu, aux inspirations Caravagiennes. Artemisia s’intéresse à le peinture dès son enfance, en s’inspirant notamment les travaux de son père. Cependant, ce dernier veut faire d’elle une religieuse. Il l’enferme à la maison et ne l’autorise pas à montrer son travail artistique à qui que ce soit.

La jeune fille souffre énormément de cet enfermement. Malheureusement, sa vie sera encore mise à rude épreuve. Ne pouvant étudier aux Beaux-Arts, puisque interdit aux femmes, son père décide d’engager le peintre Agostino Tassi pour être son percepteur. Nouveau malheur pour la jeune femme, car celui-ci viole Artemisia. Il promet cependant d’épouser la jeune femme afin de sauver l’honneur de la famille – l’honneur d’une famille étant à l’époque plus important que la souffrance d’une femme. Mais il finit par se désister.

Le père d’Artemisia intente alors un procès non pour viol, mais pour le déshonneur qu’il a subi. Procès où Artemisia est humiliée. Elle est également torturée. Ses bourreaux lui enserrent les doigts dans des entrelacs, procédure courante à l’époque pour prouver la véracité des propos de la victime… Procédé barbare qui aurait pu mettre fin à sa carrière de peintre.

Sa célèbre toile intitulée « Judith décapitant Holopherne » est une allégorie de la violence subie par la jeune femme.

Holopherne représente Tassi, et Judith est quant à elle la représentation d’Artemisia elle-même. Par ce tableau, elle exerce ainsi une catharsis, en y assassinant brutalement son violeur.

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Judith décapitant Holopherne – Artemisia Gentileschi 1612-1614

Juste après le procès, Orazio décide de marier sa fille au peintre Pietro Antonia Stiatessi. Malgré ce mariage forcé, c’est une libération pour la jeune femme qui avait subi l’enfermement pendant des années, ainsi que tant de violences. Elle part vivre avec lui à Florence. Mais son époux se révèle être un irresponsable qui endette la famille. C’est donc Artemisia qui subvient aux besoins de son enfant et de son mari grâce à son travail artistique.

Elle y connaît un grand succès, et devient la première femme à être acceptée à l’Académie du dessin. Dans les peintures d’Artemisia, on retrouve souvent des héroïnes fortes et puissantes. Ses peintures réalistes seront également traversées par le thème de la violence et de la tragédie.

Elle finit par se délester de son mari à la fois encombrant et inutile, puis retourne à Rome avec ses filles. Artemisia y vit désormais en tant que femme indépendante, et élève seule ses filles. Elle y connaîtra également un grand succès, et même à l’international. L’artiste finira par la suite sa vie à Naples.

Pour encore parler d’art, n’hésitez pas à aller jeter un œil à la dernière édition de Parlons d’Art ! , où nous vous parlions notamment de l’artiste Camille Claudel et d’une peinture célèbre de Edvard Munch. Nous vous invitons également à aller (re)découvrir l’interview de Gorobei !

A la semaine prochaine pour une nouvelle chronique Parlons d’Art !

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