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Parlons d’Art ! Avec  Flowrale

Parlons d’Art ! Avec Flowrale

Tous les mardis, venez prendre votre dose artistique avec Parlons d’Art ! Sur notre palette, nous vous proposons l’interview d’un.e artiste, mais également la découverte de l’histoire d’une peinture célèbre, et l’histoire d’une femme qui a marqué l’histoire par sa créativité ! Cette semaine, nous vous parlerons de Flowrale, architecte, illustratrice et écrivaine. Mais également, nous vous proposons de découvrir l’oeuvre de l’artiste japonais Hokusai, ainsi que l’histoire de la peintre Berthe Morisot.

L’Artiste de la Semaine : Flow Rale

Nous vous proposons chaque semaine de découvrir – sous forme de 3 questions – un.e nouveau.elle artiste. Il/elle raconte au Scribouillard son parcours, ses difficultés et ses influences artistiques.

parlons d'art - flowrale

Pouvez-vous vous présenter et nous parler de votre travail artistique ?

Bonjour, je suis Flowrale, j’ai 26 ans, architecte de profession, illustratrice et auteur de passion. Depuis quelques années, je développe mon univers artistique autour de l’imaginaire, des créatures et de la fantasy. J’aime faire des séries, cela me permet d’approfondir un même thème sur plusieurs séances.
Depuis trois ans, j’écris un roman de fantasy, Eldora, et je me suis rendu compte qu’il y avait beaucoup de parallèles entre le dessin et l’écriture. Lorsque je ne visualisais pas un lieu, j’en faisais un croquis. Je laissais ma main libre de gribouiller et cela débloquait mon imaginaire. Pour tout dire, ma nouvelle série porte sur les paysages d’Eldora ! Mes deux passions s’enrichissent l’une l’autre.
Eldora est aujourd’hui terminé et signé avec les Éditions du Hamster. Maintenant, j’attaque avec eux le travail de réécriture ! Une nouvelle aventure tout aussi passionnante.
Mon médium favori reste l’aquarelle même si je fais quelques incartades du côté de l’acrylique, des feutres ou parfois du numérique. L’illustration est pour moi un médium d’exploration, d’aventure et d’expérience. J’essaye de me mettre le moins de barrières possible.

parlons d'art - flowrale
© Flowrale

Avez-vous connu des difficultés, des périodes creuses ?

Oh oui ! Toute ma période de lycée je n’ai presque pas dessiné. La tête dans le guidon, j’ai oublié mes crayons. En arrivant en études d’architecture, je me suis remise à dessiner et ça a été difficile. D’autant plus que les enseignants ne sont pas tendres. J’ai retrouvé cette passion lors de mon année Erasmus en Espagne où mon enseignant de projet, au lieu de m’enfoncer, m’a encouragée. Surprise par l’engouement des étudiants pour mes croquis, j’ai repris confiance. Finalement, cela fait un peu plus de deux ans que je dessine presque quotidiennement à côté de mon travail. À cela s’ajoutent les heures à écrire et… Il ne reste plus beaucoup de temps dans la journée !

Quelles ont été vos influences dans le domaine artistique, et quels sont vos artistes préférés ?

Elles sont diverses et évoluent en fonction des thèmes que je travaille. Il y a cependant des constantes qui me suivent partout. Je suis très sensible au travail de Yuumei, il y a une poésie dans ses illustrations qui m’émeut. Ses couleurs, ses compositions, ses sujets… J’aime tout.
J’ai aussi envie de vous parler de Rezaa_afsharr qui travaille sur les paysages et surtout l’architecture fantastique. C’est intelligent et il y a une force qui se dégage de ses ambiances.
Et parce qu’on dit jamais deux sans trois, j’ai envie de citer Devinelle Kurtz pour la puissance de son storytelling. Chaque illustration nous raconte une histoire. J’aime tout particulièrement sa série d’Inktober où elle mêle créature fantastique et être humain.

Pour en découvrir plus sur l’artiste et sa passion, n’hésitez pas à aller sur son compte instagram Flowrale et sur sa page facebook !

Canevas d’Autrefois

Toute oeuvre d’art possède une histoire. Découvrez celle qui se cache derrière ce célèbre tableau.

parlons d'art - hokusai

La Grande Vague de Kanagawa est une estampe japonaise datant du XIXème siècle et réalisée par Hokusai, spécialiste du Ukiyo-e. L’Ukiyo-e est un mouvement artistique japonais de l’époque d’Edo (XVIIème – XIXème siècle) où l’on raconte des histoires populaire via des estampes japonaises en bois. L’estampe est une image réalisée à l’aide d’une planche (qui peut être une planche de bois, mais également de métal, de pierre…)

Cette peinture fait partie d’une série intitulée « Trente-six vues du mont Fuji ». Malgré son nom, cette série compte en réalité 46 planches.

Hokusai a révolutionné la peinture à l’époque par le gigantisme de ses peintures. Ses estampes ont eu un succès fulgurant et immédiat de par leur originalité et leur grande qualité artistique. L’influence occidentale présente dans ce tableau, ainsi que la dominance du bleu de Prusse ont également joué sur sa popularité de l’époque.

En effet, on perçoit l’originalité de l’oeuvre dans la mixité entre la vision du paysage typiquement japonaise, et l’utilisation de la perspective occidentale. La composition a toujours été également un élément essentiel pour le peintre Hokusai. Dans cette série, il y a une multiplication et une diversité des formes géométriques comme le carré, le rectangle, le cercle ainsi que le triangle, qui ont un rôle essentiel.

Quand j’aurai cent dix ans, je tracerai une ligne et ce sera la vie. – Hokusai

parlons d'art - hokusai
Reflet du mont Fuji dans le lac Kawaguchi, vu depuis le col Misaka dans la province de Kai.

Ce que l’artiste désire montrer avant tout est le rapport entre la nature et l’homme alors que, paradoxalement, ce dernier n’est jamais représenté dans cette série d’œuvres. Mais il est présent, à travers l’œil du spectateur.

Pour ce qui est de La Grande Vague de Kanagawa, la vague en elle-même pourrait être vue comme un tsunami, mais pourrait également être une métaphore d’un dragon, qui faucherait de son énorme patte griffue les pauvres pêcheurs. Une autre hypothèse populaire serait que cette vague symboliserait la mort fantôme perchée au-dessus des marins condamnés.

Pour ce qui est de représentation, ce tableau n’en manque pas. En effet, l’une d’entre elle est encore plus visible, celle de la représentation du Yin et du Yang. Deux formes visuelles se décrivent ici : l’immense vague courbée, et le fond pâle qui occupe l’espace restant; décrivant ainsi une symétrique presque parfaite. L’homme impuissant se débat entre ces deux forces qui le dépassent.

Histoire de Créatives : Berthe Morisot, la femme peintre de l’impressionnisme

Venez à la rencontre de célèbres femmes talentueuses et créatives, qui luttent pour la cause féminine à travers leur art !

parlons d'art - morisot

1841 – 1895

Bien que de famille bourgeoise, Berthe Morisot est encouragée depuis son plus jeune âge à pratiquer l’art. Ainsi, avec sa soeur Edma, elles pratiquent la peinture, aidée par leur professeur Joseph Guichard, lui-même ancin élève de Delacroix. Cependant, au fil du temps, leur professeur trouvent un caractère et un talent très prononcé chez les deux sœurs. Il avertira alors leur mère en lui expliquant que : « Avec des natures comme celles de vos filles, ce ne sont pas des petits talents d’agrément que mon enseignement leur procurera ; elles deviendront des peintres. Vous rendez-vous bien compte de ce que cela veut dire ? Dans le milieu de la grande bourgeoisie qui est le vôtre, ce sera une révolution, je dirais presque une catastrophe. Êtes-vous bien sûre de ne jamais maudire un jour l’art qui, une fois entré dans cette maison si respectablement paisible, deviendra le seul maître de la destinée de deux de vos enfants ? » Malgré cet avertissement, les parents laissèrent leurs filles exprimer leur talent.

Les Beaux-Arts étant interdits aux femmes à l’époque, les deux soeurs réalisent alors des copies de tableaux de grands maîtres au Louvre.

Je ne crois pas qu’il y ait jamais eu un homme traitant une femme d’égale à égal, et c’est tout ce que j’aurais demandé, car je sais que je les vaux. – Berthe Morisot

Elles exposent également au Salon, où elles feront la rencontre d’Edouard Manet. Celui-ci deviendra un ami de Berthe Morisot, et lui demandera d’ailleurs de poser pour lui. Il réalisera en tout quatorze portraits de la jeune femme. Des spéculations diront qu’ils auraient aussi probablement été amants. Mais c’est son frère, Eugène Manet, que Berthe Morisot épousera quelques années plus tard, plus par convention sociale que par amour. Cependant, ce dernier travaille à mettre en avant l’art de sa femme – cette dernière continuant de signer de son nom de jeune fille, chose peu banale pour l’époque.

parlons d'art - morisot
Le Berceau – Berthe Morisot, 1872

Elle peint essentiellement la femme, et généralement dans l’intimité de la sphère domestique. Elle y aborde également le thème de la maternité, notamment lorsqu’elle réalise « Le Berceau », son tableau le plus célèbre, où elle représente sa sœur penchée au-dessus d’un berceau. En effet, à l’époque les femmes provenant de familles bourgeoises n’élevaient pas elles-mêmes leurs enfants, mais les confiaient à une nourrice. L’artiste dépeint également des modèles posant, faisant leurs toilettes, et même parfois des femmes nues.

Elle est une icône majeure de l’impressionnisme dont elle est l’une des fondatrices. Cependant, de par sa condition féminine, Morisot est aujourd’hui encore moins connue que ses pairs Monet ou Renoir. Elle est par ailleurs la seule femme ayant signé la charte de la “Société anonyme des artistes peintres, sculpteurs et graveurs” qui donne naissance à ce mouvement.

Pour encore parler d’art, n’hésitez pas à aller jeter un œil à la dernière édition de Parlons d’Art ! , où nous vous parlions notamment de la femme artiste Rosa Bonheur. Nous vous invitons également à aller (re)découvrir l’interview du bédéiste Nob !

A mardi prochain pour une nouvelle chronique Parlons d’Art !

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