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Parlons d’Art ! Avec Clara Lang

Parlons d’Art ! Avec Clara Lang

Tous les mardis, venez prendre votre dose artistique avec Parlons d’Art ! Sur notre palette, nous vous proposons l’interview d’un.e artiste, mais également la découverte de l’histoire d’une peinture célèbre, et l’histoire d’une femme qui a marqué l’histoire par sa créativité ! Cette semaine, nous vous parlerons de Clara Lang, portée sur l’enfance et la nature. Mais également, nous vous proposons de découvrir l’oeuvre gargantuesque de Claude Monet, ainsi que l’histoire de l’écrivaine Simone de Beauvoir.

L’Artiste de la Semaine : Clara Lang

Nous vous proposons chaque semaine de découvrir – sous forme de 3 questions – un.e nouveau.elle artiste. Il/elle raconte au Scribouillard son parcours, ses difficultés et ses influences artistiques.

parlons d'art - clara lang

Pouvez-vous vous présenter et nous parler de votre travail artistique ?

Je m’appelle Clara Lang, j’ai 24 ans et je suis illustratrice freelance et je suis originaire du Pays basque. Mais j’ai déménagé à Bordeaux pour suivre un cursus d’illustration/BD et j’y suis restée depuis.

Je dessine depuis toute petite, j’ai toujours voulu en faire mon métier, mes parents m’ont donc inscrite assez tôt dans un atelier où j’ai pu découvrir plusieurs techniques picturales : de l’aquarelle à la peinture à l’huile, en passant par le pastel sec, le fusain, l’acrylique, l’encre de chine…

Les thèmes de mes dessins varient beaucoup. J’aime tout ce qui est lié à l’univers de l’enfance, de l’imaginaire, de la nature. J’aime illustrer des histoires avec des thèmes sociaux ou environnementaux, pour faire passer des messages. Mais j’aime aussi les pirates, les fonds marins, les archéologues-aventuriers et les dragons.

Ce n’est pas toujours visible dans ce que je fais, il y a des périodes où je dessine tout autre chose.

En ce moment par exemple, je suis à la fois sur une série d’illustrations à la gouache de paysages qui m’ont marqué, sur des dessins à l’aquarelle et aux crayons de couleurs inspirés de mes livres/films/séries préférés et sur un webtoon pour ados que je réalise avec un scénariste pour une maison d’édition.

Avez-vous connu des difficultés, des périodes creuses ?

Oui, comme tout artiste je pense. Il y a ces pannes d’inspiration pendant lesquelles on a l’impression qu’on n’arrivera plus jamais à dessiner.

Dans ces moments-là, si je n’ai pas d’impératif, je fais une pause et je regarde des trucs inspirants (des livres pour enfants, des dessins animés, le travail d’autres artistes…) pour me motiver. Par contre, si j’ai des commandes ou des contrats, je me force, comme dans n’importe quel métier. Dans ces moments-là je ne suis jamais satisfaite de ce que je fais, mais en prenant du recul on se rend compte que c’est pas si mauvais.

Ma plus grande difficulté a été de sortir de ma zone de confort. Je regrette de ne pas avoir profité des études pour essayer d’autres styles, pour me chercher un peu plus. J’étais plus préoccupée par les notes et je restais focalisée sur mon travail, je ne cherchais pas trop à voir ce qui se faisait dans le monde de l’illustration.

Les premières années, quand il y avait encore beaucoup de dessin académique, ça allait, mais petit à petit je voyais mes camarades s’épanouir dans différents styles et je me suis sentie un peu à la ramasse.

C’est après l’école que je me suis lâchée. Grâce aux réseaux, j’ai découvert tout plein d’artistes qui m’ont inspirée et donné envie d’essayer d’autres styles.

Quelles ont été vos influences dans le domaine artistique, et quels sont vos artistes préférés ?

J’en ai eu beaucoup… Il y a eu les impressionnistes, Van Gogh, le mouvement surréaliste avec une fascination pour Dali, un amour infini pour Frida Kahlo, une passion pour les réalisateurs Tim Burton et Jean-Pierre Jeunet… (NDLR: nous avons parlé de Van Gogh et de Frida Kahlo dans notre tout premier Parlons d’Art !)

Et puis les illustrateurs Brett Helquist, Amélie Fléchais, Benjamin Lacombe, Camille André, Uwe Heidschoetter, Cécile Carré, Boulet, Béatrice Blue… Il y en a trop maintenant, je ne saurais pas dire lesquels sont mes préférés.

Je ne sais pas si leur influence est visible dans mes dessins, mais en tous cas ils m’ont inspirée.

Pour en découvrir plus sur l’artiste et sa passion, n’hésitez pas à aller sur son compte instagram Clara Lang Illustrations et sur sa page facebook !

Canevas d’Autrefois : Monet et son Pont Japonais

Toute oeuvre d’art possède une histoire. Découvrez celle qui se cache derrière ce célèbre tableau.

parlons d'art - claude monet

Claude Monet était un peintre impressionniste du XXème siècle, passionné par la nature et les effets de la lumière. Son tableau, le Pont Japonais, ou Le Bassin aux Nympheas, s’inscrit dans une série d’œuvres appelée « Les Nymphéas ». Cette série de Monet comprend pas moins de 250 tableaux.

Alors âgé de la soixantaine, il commence ses premières peintures qui représentent des nénuphars dans un bassin en 1899. Son premier volet s’intitule « Bassins aux nymphéas ». Il réalisera le second volet « Les Nymphéas, séries de paysages d’eau » en 1903, et ce pendant 5 ans. Puis, il terminera avec le « Pont Japonais », qu’il réalisera entre 1918 et 1924. Au total, il lui aura fallu 25 ans afin de parachever son oeuvre monumentale.

Le motif est quelque chose de secondaire, ce que je veux reproduire, c’est ce qu’il y a entre le motif et moi – Claude Monet

Durant cette période, il contracte la cataracte, et sa vue commence à faiblir. Pour l’artiste, qui base sa peinture notamment sur les subtiles nuances des différentes teintes de couleur et de lumière, cette maladie qui affaiblit son acuité visuelle est tragique. Peu à peu, on remarque que les peintures deviennent de plus en plus floues et sombres, conséquence de la tare de l’artiste qui progresse.

parlons d'art - claude monet -nymphéas
Nymphéas, de Claude Monet

Cependant, Monet aura recours à différents médicaments afin de dilater sa pupille, et ainsi contrecarrer au mieux sa maladie. Cette nouvelle perception visuelle donnera une forme encore différente à ses Nymphéas.

Je n’ai fait que regarder ce que m’a montré l’univers – Claude Monet

Le peintre puise son inspiration de son jardin à Giverny, rempli de décors floraux, d’arbres, et où il aura fait installer également le fameux pont. Véritable atelier à ciel ouvert, il y passe le plus clair de son temps à observer les effets de lumières sur la végétation alentour. Cet endroit calme et apaisant lui sert également de havre de paix pour ses vieux jours.

Les panneaux monumentaux des Nymphéas sont exposés au Musée de L’orangerie à Paris. C’est une oeuvre in situ, ce qui signifie qu’elle ne peut être déménagée. En effet, la pièce dans laquelle elle se trouve a été créée spécialement pour ces très larges panneaux. Quant au Pont Japonais, il est actuellement conservé au musée d’Orsay, à Paris.

Histoire de Créatives

Venez à la rencontre de célèbres femmes talentueuses et créatives, qui luttent pour la cause féminine à travers leur art !

parlons d'art - simone de beauvoir

1908 – 1986

Simone de Beauvoir est réputée pour être une grande figure féministe. On la connaît notamment pour son livre Le Deuxième Sexe qui a provoqué un esclandre à l’époque, car jugé trop subversif. Albert Camus et François Mauriac eux-mêmes rejetteront les idées qu’elle partage dans son roman, les jugeant comme abjectes. Cet essai existentialiste et féministe a pour but d’être une sorte d’encyclopédie féministe, où l’écrivaine souhaite tout dire, tout expliquer sur les femmes et ce dans les moindres détails. Si cette oeuvre a tant marqué, c’est également parce Simone de Beauvoir est la première féministe qui argumente ses positions via des thèses philosophiques et historiques. A cette époque où le patriarcat et la pudeur – notamment à l’égard des femmes – règnent, le roman fait alors scandale.

On ne naît pas femme : on le devient. Aucun destin biologique, psychique, économique ne définit la figure que revêt au sein de la société la femelle humaine – Simone de Beauvoir, Le Deuxième Sexe, tome 1

Dès son enfance, elle subit déjà les affres de la société patriarcale. Son père lui dit qu’elle a « un cerveau d’homme » et ses parents la poussent à faire des études. Pour eux, c’est le seul moyen pour une femme de pouvoir réussir dans la vie.

A 21 ans, elle rencontre Jean-Paul Sartre, et traversera la Seconde Guerre Mondiale à ses côtés, en s’engageant notamment dans la Résistance.

Au sortir de la guerre, l’envie de liberté et de rupture avec le conformisme bourgeois et la conscientisation du monde dans lequel ils vivent les mènent sur le chemin de la création du mouvement existentialiste. Les deux amants vivront un amour non conventionnel et polygame, dans une liberté mutuelle. Une relation qui fait bien évidemment scandale à cette époque.

Personne n’est plus arrogant envers les femmes, plus agressif ou méprisant, qu’un homme inquiet pour sa virilité – Simone de Beauvoir

Abandonnant l’enseignement de la philosophie en 1943, elle se consacre entièrement à l’écriture. Six ans plus tard, elle écrit sa fameuse oeuvre, Le Deuxième Sexe, et devient par la même occasion l’ambassadrice des femmes émancipées.

Mais elle est également connue comme étant une précurseure du féminisme, et pour avoir militer pour de nombreuses causes en ce sens. Elle rejoint Simone Veil dans sa lutte pour la légalisation de l’avortement. Elle participera d’ailleurs au « Manifeste 343 ». Manifeste dans lequel figurent 343 déclaration de femmes ayant avorté et réclamant le droit à la légalisation de l’avortement et à sa gratuité.

Pour encore parler d’art, n’hésitez pas à aller jeter un œil à l’édition de Parlons d’Art ! de la semaine dernière où nous vous parlions notamment de Niki de Saint Phalle et de Andy Warhol. Nous vous invitons également à aller (re)découvrir l’interview de la chargée de communication des 23h BD, Zia !

Et si vous souhaitez encore parler de littérature, allez lire notre chronique sur le roman de fantasy et d’introspection A feu et A sang !

A mardi prochain pour une nouvelle chronique Parlons d’Art !

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