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Parlons d’Art ! Avec Nyzeur

Parlons d’Art ! Avec Nyzeur

Venez prendre votre dose artistique cette semaine, avec Parlons d’Art ! Sur notre palette, nous vous proposons l’interview d’un.e artiste, mais également la découverte de l’histoire d’une peinture célèbre. Et pour finir cette rubrique, nous vous partageons l’histoire d’une femme qui a marqué l’histoire par sa créativité !

L’Artiste de la Semaine

Nous vous proposons chaque semaine de découvrir – sous forme de 3 questions – un.e nouveau.elle artiste. Il/elle raconte au Scribouillard son parcours, ses difficultés et ses influences artistiques.

parlons d'art - nyzeur
Dessin © Nyzeur

Pouvez-vous vous présenter et nous parler votre travail artistique ?

Pour me présenter rapidement, je me fais appeler Nyzeur sur internet depuis quelques années. J’ai 21 ans, je suis passé par une année de fac en cinéma avant de partir pour un an au Québec pour faire une école d’animation pour le jeu vidéo.


Je fais du dessin depuis la fin du collège, j’ai commencé en copiant certaines BD que j’avais sous la main. Aujourd’hui, j’essaie de faire mes propres BD à mon tour.
Quant à mon travail artistique, je dirais que je fais de la BD, pour raconter une histoire plus que pour dessiner. J’ai d’ailleurs beaucoup de mal à dessiner, j’envie énormément les gens qui dessinent avec aisance.
Pour quelqu’un qui me suivrait depuis quelques temps sur les réseaux, ça peut paraître étrange vu que je n’ai pas publié beaucoup de planches par rapport à mes dessins seuls. En effet, je ne montre que très rarement ce que je fais. Je dois bien avoir 500 pages de BD que je n’ai jamais publiées.

Y a-t-il un but à votre art ?

Je trouve qu’une histoire doit apporter quelque chose à son lecteur pour être une bonne histoire. Que ça soit une morale, une réponse à un problème, un questionnement de soi ou autre. C’est pourquoi avant d’écrire une histoire, je me questionne sur son but et ce que je veux apporter au lecteur.
Mais, il se trouve que je suis quelqu’un d’assez déconnecté de tout ce qu’il se passe dans le monde. Je suis dans ma bulle et j’ai du mal à trouver une cause à laquelle me rattacher. D’autant que j’ai peur d’avoir trop de ressemblances entre mes différents projets si je parle plusieurs fois d’une même idée. J’essaie donc de trouver un sujet différent pour chaque histoire.


Par exemple, pour rentrer dans mon école d’animation j’ai réalisé une petite série La Source. Il y avait l’idée que le conflit naît le plus souvent de la méfiance d’autrui alimenté par son insuffisante connaissance. Celui-ci pourrait être évité par la majoration des échanges entre les personnes.
Pour Percedal et Yesod, Il s’agissait de dire que nos pulsions et nos désirs cachés, font partie de nous. Il ne faut ni les refouler ni les excuser, mais il y a un travail personnel à faire pour trouver un équilibre. Ces pulsions ne font pas de nous de mauvaises personnes, mais simplement des humains.
Et je prépare un prochain projet plus écologique.

Avez-vous connu des difficultés, des périodes creuses ?

Tout le temps ! Comme je disais plus tôt, j’ai beaucoup de mal à dessiner et très régulièrement je doute de ma capacité à faire une BD. En revanche je crois que le travail fini par payer c’est pourquoi je continue à faire mes petits projets.
J’ai aussi des périodes creuses du côté de l’écriture. Le projet que j’écris actuellement est à l’arrêt depuis 2 ans et je n’ai retrouvé l’inspiration que depuis peu. C’est aussi la raison pour laquelle je ne prévois pas de faire de la BD à temps plein à l’avenir. J’ai peur de ne plus avoir d’inspiration pendant trop longtemps.
Après des difficultés pour la visibilité aussi, avant de faire Percedal sur instagram je n’étais pas vraiment visible. Mais ça me conforte dans le fait que mes BD plaisent plus que mes dessins.

Quelles ont été vos influences dans le domaine artistique, et quels sont vos artistes préférés ?

Alors là, il y en a beaucoup ! Principalement de l’héroïque fantasy, j’aime particulièrement les histoires se déroulant à une époque médiévale comme les légendes arthuriennes. Dans ce domaine il y a beaucoup de BD comme les Lanfeust pour n’en citer qu’une. Mais j’ai aussi une attirance pour l’Asie, Okko est pour moi une oeuvre incroyable !
À propos de l’Asie, il faut aussi que je parle de manga. J’ai lu beaucoup de manga. mais aucun n’a pour moi détrôné Full Metal Alchemist, bien que dernièrement Seven Deadly Sins a marqué beaucoup de points.

Pour moi, le meilleur, le plus grand, le plus beau… C’est Lewis Trondheim ! Ses dessins ne plairont pas à tous, je le sais, mais mon dieu ses histoires. Et il n’arrête jamais, allez voir combien de BD il fait (à la fois).
(Pour la petite anecdote, Donjon est la première BD que j’ai redessiné des années avant de me dire que je voudrais en faire moi même plus tard)
Mais il y a aussi Porforever’s que j’apprécie tout particulièrement, il ou elle ne fait pas de BD, mais ses dessins et ses couleurs sont tellement beaux.
Boulet, je vous ai dit que j’admirais les gens qui ont une aisance pour dessiner. Je pourrais le regarder dessiner toute la journée sans jamais me lasser.

Pour en découvrir plus sur l’artiste et sa passion, n’hésitez pas à aller sur son compte instagram @Nyzeur_neant :

Canevas d’Autrefois

Tout oeuvre d’art possède une histoire. Découvrez celle qui se cache derrière ce célèbre tableau.

parlons d'art - voyageur contemplant une mer de nuages

Le Voyageur contemplant une mer de nuages est un tableau réalisé par le peintre romantique allemand Caspar David Friedrich en 1818, et est l’une de ses œuvres les plus célèbres.

Ce tableau représente un homme au sommet d’une falaise et au-dessus des nuages. Quant au paysage, il est inspiré du massif gréseux de l’Elbe, en Suisse Allemande.

Paysagiste de profession, Friedrich a toujours éprouvé un attrait pour les paysages et la nature. Que ce soit pour ce tableau, ou bien d’autres de ses œuvres, tel que La Mer de Glace, on peut voir que cela a beaucoup d’importance dans son art.

Ce tableau où l’homme est présenté de dos, a été le sujet de nombreuses interprétations. Le fait de ne pas voir le visage du sujet principal de l’oeuvre nous fait nous demander s’il est vraiment le véritable sujet, ou si cette peinture n’est pas plutôt une métaphore ? Une métaphore d’introspection, ou bien d’un avenir inconnu devant lequel se dresse les humains.

J.L Gaddis, professeur d’histoire militaire à Yale, y évoque un paradoxe, car la position du personnage « évoque la domination sur un paysage mais en même temps l’insignifiance de l’individu qui y est inclus. »

Le peintre ne doit pas peindre seulement ce qu’il voit en face de lui, mais aussi ce qu’il voit en lui – Caspar David Friedrich

L’auteur, Friedrich, est considéré comme l’artiste le plus influent du mouvement romantique dans l’Allemagne du XIXè siècle. Très croyant, on peut également se demander si son oeuvre n’est pas également une représentation de sa foi.

En effet, une autre interprétation très probable serait que cet homme, au sommet de la montagne, serait à la fin de son existence. Et pour rejoindre Dieu, il devrait traverser cette étendue, les rochers symbolisant quant à eux la foi chrétienne.

Le peintre romantique s’oppose au mouvement du classicisme. Il ne vise pas que le beau, mais va au-delà, essayant d’atteindre quelque chose de l’ordre de l’absolu. Ses personnages sont, comme lui, mystérieux, solitaire, préoccupés. Si plusieurs interprétations du Voyageur Contemplant une Mer de Nuages sont possibles, on y retrouve en tout cas bien toute l’essence du Romantisme.

Histoire de Créatives

Venez à la rencontre de célèbres femmes talentueuses et créatives, qui luttent pour la cause féminine à travers leur art !

1804 – 1876

De son véritable nom Amantine Aurore Lucile Dupin, George Sand a marqué l’histoire par sa lutte contre la société française du XIXème siècle. Siècle où il était interdit et mal vu d’écrire et de publier des romans si l’on était une femme. Pourtant, elle l’a fait. Elle dû aller jusqu’à prendre un pseudonyme connoté masculin afin de pouvoir réaliser son art d’écrivaine. D’autres auteures ont suivi son exemple par la suite : Marie d’Agoult écrivait sous le nom de Daniel Stern, Delphine de Girardin celui de Charles de Launay.

Si elle s’habille et se nomme comme un homme, ce n’est pas seulement pour pouvoir écrire librement. C’est également pour pouvoir se mouvoir librement dans un Paris peu permissif pour les femmes. Ce qui lui permet alors de fréquenter du beau monde, de pouvoir entrer dans les théâtres, etc. 

Malgré de nombreux détracteurs, comme Charles Baudelaire ou Jules Barbey d’Aurevilly, elle participe activement à la vie intellectuelle de l’époque. Elle invite de nombreuses personnalités dans sa maison de Nohant, notamment Marie d’Agoult, mais aussi Gustave Flaubert, Honoré de Balzac et Eugène Delacroix.

Elle fait scandale également par sa vie amoureuse très peu conventionnelle. Notamment par son divorce d’avec François Casimir Dudevant, à une époque où les divorces étaient mal vus.

On ne brise pas la vie d’un siècle sans se briser avec lui – George Sand 

Tout sa vie, elle lutta pour la défense des femmes et contre les préjugés de cette société patriarcale et conservatrice. Elle prônait d’ailleurs la passion et dénigrait le mariage. 

Plus qu’une passion, ses livres sont également pour elle synonyme de liberté. En effet, pour pouvoir vivre en femme libre et indépendante et ne pas être entretenue par un homme, elle doit s’en donner les moyens. C’est l’une des raisons pour laquelle elle se lance dans l’écriture de romans et est énormément prolifique. 

Féministe, mais également militante. Elle s’engage politiquement à partir de 1848, et participe au lancement de trois journaux : La Cause du Peuple, Le Bulletin de la République, l’Éclaireur. 

Une femme, quand elle est héroïque, ne l’est pas à demi – George Sand.

Pour encore parler d’art, n’hésitez pas à aller jeter un œil à notre première édition de Parlons d’Art !, où nous vous parlions notamment de Frida Kahlo et de Vincent Van Gogh. Nous vous invitons également à aller découvrir l’interview du dessinateur de bande-dessinée Paka.

A la semaine prochaine pour une nouvelle chronique Parlons d’Art !

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