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Parlons d’Art ! Avec l’artiste Arz Aurora

Parlons d’Art ! Avec l’artiste Arz Aurora

Tous les mardis, venez prendre votre dose artistique avec Parlons d’Art ! Sur notre palette, nous vous proposons l’interview d’un.e artiste, mais également la découverte de l’histoire d’une peinture célèbre, et l’histoire d’une femme qui a marqué l’histoire par sa créativité ! Cette semaine, nous vous parlerons de Arz Aurora, une artiste aux multiples styles. Mais également, nous vous proposons de découvrir une célèbre oeuvre d’Andy Warhol, ainsi qu’une artiste aux sculptures gigantesques et colorées.

L’Artiste de la Semaine : Arz Aurora

Nous vous proposons chaque semaine de découvrir – sous forme de 3 questions – un.e nouveau.elle artiste. Il/elle raconte au Scribouillard son parcours, ses difficultés et ses influences artistiques.

parlons d'art - arz aurora
Image © Arz Aurora

Pouvez-vous vous présenter et nous parler de votre travail artistique ?

Bonjour à tous, moi c’est Aurore, plus connue sous le pseudo arz_aurora sur Instagram. 22 ans et originaire de Bretagne comme mon pseudo peut le faire deviner. Je suis artiste/illustratrice freelance depuis Novembre dernier mais je dessine activement depuis plus de six ans.

Mon parcours est assez simple, j’ai passé un BAC STMG Option Ressources Humaines pour ensuite complètement basculer dans le dessin. J’ai intégré l’école Pivaut mais malheureusement, par soucis de santé, j’ai dû abandonner le cursus.
Depuis je travaille en autodidacte et cela me plaît énormément !

J’aime mettre les femmes et les couleurs à l’honneur dans mon travail et fonctionne beaucoup par « séries ». Mais j’aime énormément dessiner des créatures fantastiques, ces dernières entrant dans le cadre de mon projet de BD : NEPHEL.

Je réalise également des fanarts, autant pour moi que pour les fans ! Cela me permet d’aiguiser ma technique tout en me faisant plaisir.

Avez-vous connu des difficultés, des périodes creuses ?

Oui, bien sûr, comme tout artiste ! J’ai un ami commun avec tous les artistes, qui se nomme Artblock et qui me rend visite quelques fois par année. Parfois il traîne (trop longtemps à mon goût) mais il finit toujours par repartir.

Cette situation nous est tous arrivés, en tant qu’artistes nous avons besoin de renouveler perpétuellement notre inspiration et il arrive que la vie se faisant, des éléments extérieurs viennent nous mettre des bâtons dans les roues et nous n’arrivons plus vraiment à avancer. L’impression de travailler dans le vide, remise en question de notre rôle dans la société :« est-ce que mon travail est vraiment utile ? », remise en cause de son travail en se comparant aux autres, ce qui peut amener à des complexes puis à l’Artblock.

Mais quoi qu’il arrive si vous aimez ce que vous faites, ça va revenir. L’envie revient toujours. Et il faut essayer de retourner toutes ces choses négatives, en choses positives. Transformez le « Il y a tellement mieux… » en « Comment je pourrais m’améliorer ? » ou encore le « Mon travail est inutile… » en « L’art n’a pas toujours besoin d’être utile, juste plaire suffit, même à une seule personne ! ».

Et tout de suite la machine se remet en route d’elle-même, l’envie et l’inspiration reviennent poser leurs bagages et on peut de nouveau continuer à avancer.

arz aurora illustration
© Arz Aurora

Personnellement le plus difficile à gérer est le manque de considération. On ne va pas se mentir, artiste est une situation précaire. Le regard de personnes salariées peut énormément blesser. J’ai souvent eu droit à la fameuse remarque « Mais c’est pour quand le VRAI travail ? ». Ce qui revient à considérer mon travail comme du vent et ça c’est très difficile au quotidien.

En effet pour se dégager un salaire il faut être extrêmement créatif, efficace et surtout trouver SA clientèle. Chose extrêmement difficile car il faut réfléchir à qui pourrait plaire telle ou telle création lors de sa réalisation. Et si le public visé n’est pas au rendez-vous, pas de vente et fatalement pas de rentrée d’argent. Non seulement l’œuvre n’est pas vendue mais les matières premières n’étant pas gratuites il faut donc faire au mieux pour amortir nos frais. Ce qui demande un travail énorme en termes d’organisation, de réflexion et bien sûr de création.

À l’heure actuelle, aucun salon, ni aucune exposition ne m’a fait gagner de l’argent malgré les ventes.

Et autre grande difficulté, c’est le manque de visibilité. Avec plusieurs artistes nous avons remarqué le ban systématique de certaines de nos illustrations sur la plateforme Instagram, sans raison. Ce qui une fois de plus vient nourrir le cercle infernal lié à l’Artblock et cette sensation de travailler dans le vent.

Quelles ont été vos influences dans le domaine artistique, et quels sont vos artistes préférés ?

Ma plus grande influence reste le maître Leiji Matsumoto. Si j’en suis ici c’est grâce à ses œuvres. Le design de ses femmes, grandes, fines, élégantes, leurs cheveux longs et leurs visages si propres aux traits du maître. C’est bien simple, je voulais dessiner de telles femmes ! J’ai été bercée par Albator, Ulysse 31, Détective Conan et beaucoup d’autres dans mon enfance. Mais de tous c’est le personnage d’Albator qui m’a le plus marquée.

En 2013, est sorti le film 3D : Albator – Le Corsaire de l’Espace. Ce film m’a replongée dans l’univers du maître que j’avais perdu de vue pendant ma scolarité, étant focalisé sur mes cours. Je ne dessinais plus à l’époque, alors qu’enfant j’étais vissée à mes crayons. Mais ce film m’a ramenée des années en arrière et j’ai fouillé partout à la recherche d’autres œuvres du maître et là c’était fini, je suis tombée dans ce qu’on appelle le Leijiverse ! Le Leijiverse est le terme utilisé pour parler de l’univers du maître et de ses œuvres, ces dernières représentant un tout et chacune apportant quelque chose à l’autre.

Ainsi j’ai découvert toutes ses œuvres, mais également ses illustrations de femmes que je trouvais si belles et j’ai repris les crayons. Aimant cet univers incroyable, j’avais décidé de créer ma BD liée à tout cela en essayant de reprendre le style Matsumoto si reconnaissable. Chose ardue, qui plus est lorsque l’on s’adresse à des fans de la première heure. J’ai rejoint le forum TokiNoWa, forum dédié à l’univers du maître et c’est là-bas que j’ai fais mes armes sous les conseils avisés, d’autres artistes, de fans pointus et de personnes incroyables. Ce projet est à ce jour arrêté car j’ai décidé de me concentrer sur mon propre univers et mon propre style.

Au fil des années j’ai découvert beaucoup d’autres artistes qui m’inspirent encore aujourd’hui. Je suis particulièrement fan du travail de la pin-upartist Maly Siri. Ses pin-ups sont tout simplement fabuleuses et son travail d’une qualité incroyable. Son artbook « Good Girls/Bad Girls » reste pour moi un must-have.

Et dans le domaine du manga j’ai découvert le travail d’Eldo Yoshimizu avec son manga en deux tomes Ryuko. Une œuvre sublime de par ses traits mais également son histoire très actuelle. Je pourrais vous citer encore des dizaines de personnes mais ce sont vraiment ces artistes là qui m’ont aidé à me forger mon style et continuer dans cette voie.

Pour en découvrir plus sur l’artiste et sa passion, n’hésitez pas à aller sur son compte instagram @Arz_Aurora :

Canevas d’Autrefois

Tout oeuvre d’art possède une histoire. Découvrez celle qui se cache derrière ce célèbre tableau.

parlons d'art - diptyque marilyn - andy warhol

Illustrateur publicitaire de métier, Warhol tombe sur le charme du pop art, ce mouvement née dans les années 50 en Grande-Bretagne.
Dans son art, on retrouve clairement cette influence de la publicité, et à présent il est le représentant le plus connu du pop art. Ce tableau très célèbre représentant plusieurs portraits de couleur vive de Marylin Monroe, est une sérigraphie.

La sérigraphie est une technique d’imprimerie qui utilise des pochoirs (à l’origine, des écrans de soie) interposés entre l’encre et le support. Les supports utilisés peuvent être variés : papier, carton, textile, métal, verre, bois, etc.
Ce portrait de l’actrice provient d’une publicité pour le film « Nigeria » dans lequel l’actrice avait joué un rôle en 1953. Et en 1962, il se découvre une passion pour la sérigraphie et la reproduction photographique.

Pourquoi choisir Marylin Monroe ?

L’actrice incarne la célébrité, le glamour, et Warhol ainsi que le tout le mouvement du Pop Art des années 60 avait pour but de justement dénoncer l’obsession des médias de masse de mettre en avant à tout prix la célébrité. Par ce style de travail, qui rappelle clairement la publicité, et renvoyant ainsi à son ancien travail, mais aussi par la reproduction d’une même photo, il dépeint Marylin également comme un objet publicitaire. A nouveau, il se sert de son portrait afin de dénoncer la vision de la société qui objectifie les personnes. Les couleurs vives et le côté très plat de la technique de sérigraphie nous donne une image encore plus superficielle de l’actrice.
Par ce biai, il essaye de nous rappeler qu’il existe une vraie femme derrière ce visage objectifié.

L’artiste a représenté l’actrice de multiples fois, mais c’est cette sérigraphie qui est la plus connue, parmi toutes ses œuvres.

Histoire de Créatives

Venez à la rencontre de célèbres femmes talentueuses et créatives, qui luttent pour la cause féminine à travers leur art !

parlons d'art - niki de saint phalle

1930 – 2002

Née en France, ses parents se sont enfuis aux Etats-Unis après le krach boursieur. La jeune fille a vécu une enfance difficile, car violée par son père à l’âge de 11 ans. Evenement dont elle ne guérira jamais vraiment, et qui provoquera en elle des anxiétés et des névroses importantes.

C’est aussi pour cette raison qu’elle essayera toute sa vie de se détacher de tout ce qui a attrait à ce qui peut lui rappeler ce monde aisé et puritain et qui n’a pourtant pas su la protéger.

En 1953, elle souffre d’une dépression profonde, qui lui vaut de se faire hospitaliser à Nice. De sa souffrance, Niki de Saint Phalle en ressort un art coloré et gai. Elle explique elle-même que l’art une sorte de thérapie qui « calmait le chaos qui agitait [son] âme et fournissait une structure organique à sa vie (…) ».

Elle rejoint le groupe des Nouveaux Réalistes, créé en 1960 par Yves Klein et Pierre Restany. Leur mouvement est un « recyclage poétique du réel urbain, industriel et publicitaire ». Elle y rencontre son futur mari qui sera également son partenaire artistique : Jean Tinguely. La fontaine Stravinsky à Paris est un exemple de leur travail commun, chacun se complétant au niveau artistique : l’un apportant l’inspiration, l’autre sa maîtrise technique.

Il existe dans le coeur humain un désir de tout détruire. Détruire c’est affirmer qu’on existe envers et contre tout. – Niki de Saint Phalle

Les séries de sculptures qu’elle réalise à partir de 1964 et intitulées « Nana », sont pour elle un moyen de vénérer le corps féminin, et la joie. Ces corps sont « libérées du mariage et du masochisme. Elles sont elles-mêmes, elles n’ont pas besoin de mecs, elles sont libres, elles sont joyeuses », comme elle l’exprime elle-même. En plus de cette célébration féministe, ses immenses figurines de femmes symbolisent également le détachement de l’artiste du monde du marché de l’art et des codes imposés par les galeristes, toujours dans cette volonté de se détacher du milieu aisé dont elle vient.

Le Palais idéal du facteur Cheval situé à Hauterives ainsi que le Parc Guell de Gaudi à Barcelone lui ont inspiré l’idée de créer elle aussi son parc. En 1971, elle travaille alors sur un immense projet de d’installations pharaoniques, qu’elle nommera le Jardin des Tarots. Uparc gigantesque, en Toscane, dominé par des sculptures géantes, avec comme fil rouge le tarot divinatoire.

Féministe, militante, elle restera engagée toute sa vie, comme ce fut le cas lors de la période où le virus du SIDA fit des ravages, où elle créa des phallus gigantesques, et toujours très colorés, pour inciter les gens à utiliser des préservatifs.

jardin des tarots
Le jardin des Tarots, par Niki de Saint Phalle (photo © legrandpalais.fr)

Pour encore parler d’art, n’hésitez pas à aller jeter un œil à l’édition de Parlons d’Art ! de la semaine dernière où nous vous parlions notamment de Yayoi Kusama et de Gustav Klimt. Nous vous invitons également à aller (re)découvrir l’interview du créateur des 23h de la BD, Turalo !

A mardi prochain pour une nouvelle chronique Parlons d’Art !

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