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Les 23HBD en témoignages

Les 23HBD en témoignages

A l’occasion des 23HBD 2021 (du 27 au 28 mars), LeScribouillard.fr a recueilli quelques témoignages de participants que nous compilons ici. Les témoignages que vous allez lire ici ont été réalisés par des artistes de talents et entrainés. Vous pouvez faire ça chez vous. D’ailleurs, ça se passe ici. Et si vous vous demandez ce que sont les 23HBD, on en parle par .

– Pourquoi vous êtes-vous lancé dans cette aventure ?

SoSkuld : Je me suis lancé à partir de 2014, l’idée c’était de me challenger, de stimuler ma créativité aussi. Chaque année renouvelle ma surprise quant à ce que je produis lors des 23h.

Equinoxe : Lorsque j’étais à la fac, je tenais un blog BD. Le dessin c’était toute ma vie, dans mes amis il y avait beaucoup d’autres blogueurs BD, nous allions ensemble au festiblog, nous discutions sans arrêts, nous nous montrions nos dessins, nous collaborions, etc. C’est un peu dans ce contexte que j’avais découvert les 23HBD lors de leur lancement. Il y avait eu pas mal de promo sur les différents blog BD et réseaux des participants. Et c’était l’occasion de participer avec plein d’autres artistes à un challenge un peu fou.

Crédits : Equinoxe - 23HBD 2017
https://23hbd.com/participants/2014/equinoxe
Crédits : Equinoxe – 23HBD 2014

J’y ai participé plusieurs années de suite, c’était toujours l’occasion de vivre quelque chose de fort avec mes amis. Nous nous soutenions mutuellement pendant l’épreuve… C’était un peu comme participer à un salon ou un event. C’était l’occasion de tous se regrouper autour d’une même activité, autour des mêmes contraintes. Ça me donnait vraiment l’impression de faire partie d’une communauté.

Jizuss : C’est la question que je me pose chaques année : « pourquoi tu t’infliges tant de souffrance tous les ans ? »blague à part, je m’y suis lancé pour me bouger le cul dans un premier temps. J’avais plein de potes qui le faisaient tous les ans et je me suis dit :  » Bhé té mon con, dormir c’est pour les morts! » et après un début chaotique dans l’épreuve il faut bien l’avouer, j’ai commencé à bien m’éclater à faire ce challenge. Même si des fois je ne participe pas (ou je ragequit) pour cause de planning trop chargé, de fatigue où tout simplement de bonne grosse cagnasse, chaque participation est unique et je m’amuse à chaque fois.

Lefebul : Quand j’ai participé pour la première fois en 2017 j’avais déjà très envie d’écrire des BD, de vagues idées d’histoires ou de personnages aussi mais jamais rien de concret ou de réel projet. Ca allait et venait mais ca ne se réalisait jamais, parce que je ne prenais pas le temps de le faire ou parce que je perdais mon intérêt pour l’idée ou parce que j’avais la flemme juste. Donc c’était l’occasion de m’y mettre pour de bon, avec une deadline, de voir si j’étais capable d’écrire une histoire finalement. Et puis j’ai fait ça avec un ami la première fois donc c’était aussi l’occasion de passer un chouette moment bien sûr 😁

Poc : J’étais en école de Bande-dessinée quand j’ai découvert l’existence de ce challenge. Quelques ami.e.s de ma promo y participaient régulièrement, et avec mon acolyte de toujours Ecchima, on s’est décidé à se lancer aussi, en équipe. Cela nous faisait un bon entraînement et défouloir, et le fait d’être à deux nous permettait de nous supporter mutuellement et tenir sur la durée.

Crédits : Poc - 23HBD 2017
https://23hbd.com/participants/2017/poc/
Crédits : Ecchima – 23HBD 2017

Bocho : J’avais des amis qui avaient fait les 24h de la BD d’Angoulême. Je trouvais le concept intéressant. Sortir 24 planches en 24h, c’était un défi qui m’a tout de suite attiré. On doit finir une BD et ne plus y revenir même si cela est loin d’être parfait. Hélas, l’inscription à l’évènement était soumis à validation. Je trouvais cela dommage de réduire le champ des participants. Quand j’ai découvert les 23HBD et son inscription ouverte à tout le monde, j’ai sauté sur l’occasion. Ma première édition fut celle de 2009. J’étais seul chez moi mais j’avais mis en place un serveur Teamspeak (ancêtre de discord) pour pouvoir discuter avec d’autres participants. L’expérience fut très bonne. J’ai adoré cet exercice et ce défi. Maintenant c’est un rendez-vous que je ne loupe sous aucun prétexte.

Lil’art : J’ai dû en entendre parler sur les réseaux sociaux par une artiste que je suivais à l’époque (je ne pourrais pas dire qui) et je me suis dit « POURQUOI PAS ? Je veux faire de la BD moi, alors c’est parti !!!! » et après j’ai regretté très très très fort, tout en adorant (ce qui est la force et la bizarrerie des 23HBD mais je suppose que c’est le cas pour tous les types de marathons. ) J’ai appris à laisser des erreurs dans mes dessins et à ne pas vouloir la perfection. On s’en fiche de la perfection, l’essentiel c’est de s’amuser et de faire quelque chose qui nous plaît. J’ai aussi découvert que j’étais capable d’inventer de mini-histoires assez rapidement, des trucs qui tiennent la route, donc ça m’a donné confiance !

– Qu’est-ce que cela vous a apporté sur le plan artistique ?

Equinoxe : Au-delà de l’aspect social que ça m’a apporté, je pense que c’était aussi un bon exercice artistique pour moi. J’ai toujours eu tendance à être lente, perfectionniste et à refaire sans arrêt mes planches plutôt que d’avancer dans mes histoires. C’était juste fou de réussir à me concentrer sur l’essentiel et de parvenir à fournir une telle masse de travail en si peu de temps.

Lil’art : Chaque année je me fais des petits challenges et j’essaie de dessiner plus de décors, de mettre de la couleur, de sortir un peu de mes zones de confort aussi.

SoSkuld : Sur le plan artistique ça m’a permis de prendre conscience de ce dont j’étais capable et que je n’arrive pas forcément à faire en dehors de ce cadre. J’y expérimente la BD spontanée, je ne sais pas moi même ce que je vais dessiner à la page suivante. Je ne prévois que mon début et ma fin.

Lefebul : Je ne pense pas que ca m’ait apporté grand chose côté dessin, là dessus c’est le reste de l’année que je progresse, pendant le challenge lui même je sors pas trop de ma zone de confort
Par contre pour la BD en général ca m’a beaucoup apporté, même si je suis plus ou moins fière de mes différentes participations (et que certaines sont peut être un poil cringe) à chaque fois c’est quand même une vraie histoire avec un début et une fin que les gens peuvent lire, et pas juste une idée qui n’existe que dans ma tête, et je me rends de mieux en mieux compte de ce que ca implique de passer de l’idée à sa réalisation.

Crédits : SoSkuld - 23HBD 2019
https://23hbd.com/participants/2019/soskuld?page=5
Crédits : SoSkuld – 23HBD 2019

Jizuss : Ca m’a permis de pouvoir travailler assez vite tout en restant cohérent quand je raconte une histoire. Non pas que je sois un foudre de guerre créatif, mais ça m’a permis de travailler ma faculté à improviser assez vite. Genre quand on s’aperçoit le dimanche à 5h du matin qu’on s’est planté dans son découpage et qu’il nous reste encore 2 pages à faire alors qu’on pensait aller se coucher (rigolez pas, ça m’arrive chaque année!) !

Bocho : Je ne suis qu’un amateur, je ne recherche pas la perfection. Je n’ai pas remarqué d’évolution et ce n’est pas ce que je recherche. Chaque édition m’a permis de garder un pied dans le dessin malgré les aléas de la vie. J’ai eu des moments où, au quotidien, j’ai délaissé mes crayons pour diverses raisons mais sans jamais louper le rendez-vous annuel des 23HBD. J’ai également pu explorer des idées de scénarios, tester des codes graphiques et essayer différentes matières (aquarelle, crayons pastels, etc) : le thème imposé permet de sortir de sa zone de confort.

Poc : Je dirais que ça nous pousse à nous dépasser. On expérimente des mises en pages, des méthodes pour travailler rapidement tout en gardant quelque chose de lisible et, autant que possible, agréable à lire, même si le scénario est étrange et parfois bouclé dans la précipitation parce que l’on n’a plus de temps et que l’appel de l’oreiller devient trop fort. C’est beaucoup d’impro aussi, et c’est un vrai rafraîchissement. On souffre beaucoup mais au final on est heureux d’avoir surmonté cette épreuve. Faire ce genre d’exercice quand on traverse un artblock, pour ma part je trouve que ça permet de reprendre goût au dessin.

– Avez-vous pu faire des rencontres, des découvertes, ou même pu travailler avec d’autres artistes grâce aux 23hBD ?

Lil’art : Alors… j’ai fait pas mal de découvertes oui ! Des personnes que je suis depuis, du plus connu comme Paka, à d’autres un peu plus confidentiel-les. Je n’ai pas encore eu la chance de travailler avec d’autres artistes « inconnus » grâce aux 23H mais j’ai quelques idées avec des amies !

Bocho : Les rencontres ont surtout été virtuelles : via Teamspeak pour les premières années puis Facebook et récemment via le discord des 23HBD. Les liens créés pendant les éditions se sont maintenus (merci Facebook ! ) J’ai eu l’occasion d’être accompagné pour certaines éditions. Mon épouse a toujours été là durant ce marathon. Une année, un ami est venu chez moi pour qu’on se motive mutuellement tout en étant en lien virtuel avec d’autres personnes. L’alliance des deux présences, virtuelle et physique, est agréable. Ça permet d’avoir du soutien et de tenir pendant la nuit.

Poc : En lisant des BDs d’autres participants, j’ai découvert des artistes que je ne connaissais pas et je me suis mise à suivre leur travail. Certains sont très inspirants et j’aime beaucoup voir leur évolution. Il m’arrive aussi d’échanger avec d’autres participants sur le discord officiel. On y retrouve les habitués, la Bunny Squad toujours là pour nous encourager, on voit arriver de nouveaux challengers… L’ambiance est très chaleureuse et chacun fait de son mieux, chacun évolue à son rythme et à son niveau et personne n’est là pour juger, il y a même des channels pour l’entraide.

Crédits : Lefebul - 23HBD 2018
Crédits : Lefebul – 23HBD 2018

Lefebul : Des découvertes oui ! Il y en a plusieurs mais je crois que mon plus gros coup de cœur ce sont les participations de @insertdisc5, qui a aussi sorti un RPG incroyable cette année, s’il n’y avait pas eu les 23h je n’y aurais jamais joué donc…

Jizuss : J’ai pu rencontrer Zia déjà, c’est déjà pas mal ! Ca m’a permis de pouvoir monter sur Paris pour le WedoBD où j’ai pu gribouiller avec plein d’autres participants des 23HBD sur le stand de la merveilleuse maison d’édition « Lapin » où  j’ai pu rencontrer l’équipe IRL.  J’ai pu aussi par la suite rencontrer sur Paris où Marseille des gens qui me suivaient au fil des ans (coucou Volya <3) qui sont devenus des potes.

Equinoxe : Ça m’a d’ailleurs permis de rencontrer de nouvelles personnes, lors d’un salon, je me promenais dans l’allée des artistes et j’ai reconnu un pseudo que j’avais vu sur le site des 23HBD, j’ai entamé la conversation comme ça et je suis restée amie avec cette personne jusqu’à aujourd’hui ! Je me souviens qu’une des premières années ou je n’ai pas pu participer, c’était à cause d’un problème d’agenda, ça tombait pendant une fête familiale. Mais j’étais aussi très jeune à l’époque, en plein dans mes études d’histoire de l’art et d’archéologie, puis après de graphisme, de webdesign…

J’ai progressivement laissé de côté le dessin, mon blog, pour me consacrer à l’université et à mes premiers emplois. Même si je n’ai donc pas pu continuer à travailler avec les autres artistes que j’avais connu par le biais des blog BD et des 23HBD, j’ai toujours gardé contact. Et j’ai vu un post de Zia sur Facebook au sujet des 23HBD, ça m’a tout de suite ramené à ses souvenirs très forts que j’avais de cet event… Et je me suis réinscrite. J’espère que ça me permettra de renouer avec cette communauté de laquelle je m’étais éloignée, d’ailleurs je vois que beaucoup de pseudos qui étaient à mes côtés aux cours des premières éditions sont toujours là ! J’ai hâte de voir ce qu’ils font aujourd’hui et hâte de découvrir les créations de tous les pseudos que je ne connais pas !

Crédits : Jizuss- 23HBD 2016
https://23hbd.com/participants/2016/jizuss?page=9
Crédits : Jizuss- 23HBD 2016

SoSkuld : J’y ai fait de supers rencontres, l’équipe d’orga est vraiment formidable et j’adore parcourir les différentes participations, il y a de belles pépites !

Le mot de la fin par Lefebul pour ces 23HBD :

J’aimerais bien en profiter pour envoyer beaucoup beaucoup de love à Zia et toute l’équipe des 23 et 25h, c’est vraiment des événements pour lesquels je me réjouis toute l’année durant, à chaque fois je m’éclate et même crevée à la fin j’ai juste envie de recommencer. Donc un grand grand merci à elleux.

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