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[Interview] Zia – chargée de communication et co-organisatrice des 23hBD

[Interview] Zia – chargée de communication et co-organisatrice des 23hBD

A l’occasion des 23HBD 2020, Le Scribouillard.fr a pu s’entretenir cette année avec Zia, la chargée de communication et co-organisatrice des 23HBD et créatrice des 25HBD. Une entrevue charmante ou l’on évoque pèle-mêle bande-dessinée, blogging, et personnes fourbes.

Vous pouvez également retrouver ici notre interview de Turalo, créateur des 23HBD, qui revient en détail sur la genèse du projet.

Le Scribouillard : Bonjour Zia, peux-tu te présenter et nous expliquer comment tu t’es retrouvé sur un projet comme les 23HBD ?

Bonjour, je suis entre autres Zia. Je suis vintage, autiste et extravertie en ligne.

J’ai rejoint l’équipe des 23HBD en 2010. Je crois que c’est une suite assez logique de mon « intérêt spécifique » pour les blogs BD. J’ai toujours consommé beaucoup de bandes dessinées en bibliothèque, vraiment beaucoup. J’ai aimé immédiatement les blogs BD. Artistiquement, il y avait un côté très brut, très intime qui me plaisait énormément et qui n’était que rarement publié. Cerise sur le gâteau, on pouvait entrer en contact avec les dessinateurs autrement qu’en faisant la queue pour des dédicaces. Bref, j’aimais et je le disais. Au fil des mois, par l’intermédiaire des commentaires, j’ai développé des liens avec beaucoup d’artistes que je considère comme des amis. Même si on se voit rarement IRL.

Zia, chasseuse de dédicace - Monsieur le Chien (2007)
Zia, chasseuse de dédicace – Monsieur le Chien (2007)

Avec toute l’énergie que peut donner une fixette, j’ai compilé méthodiquement toutes les adresses de blogs BD. J’avais mis en place assez tôt chez moi une liste d’adresses, puis de flux RSS de blogs BD… Puis j’ai utilisé un agrégateur de flux. On me disait que c’était assez exhaustif. Pour traduire aux plus jeunes : comme je suivais l’intégralité des blogs francophones, certains me suivaient pour se tenir au courant de l’actualité de la BD en ligne… Et des potins, aussi.

Le Scribouillard : Tu es donc entrée dans le monde des blogs.

Voilà. On appelait ce microcosme la « blogosphère ». Bien entendu, comme je ne suis pas dessinatrice, j’ai toujours eu l’impression d’être une groupie qui avait réussi à entrer en coulisse. Grâce à mes compétences en langage html ou en gestion de réseau, j’ai fait mon petit chemin dans ce petit monde en aidant les gens techniquement, sur MySpace par exemple. J’étais un peu la copine geek de la bande, tu sais, le cliché qui sait programmer et hante la bibliothèque. Bien sûr je n’avais pas le niveau des pointures du développement – et il y en avait déjà quelques unes dans ce millieu – mais j’étais assez à l’aise pour aider.

Donc quand Turalo a eu besoin d’aide sur les 23HBD, j’ai foncé. De mon point de vue à l’époque, c’était un événement aussi fédérateur pour la communauté que le Festiblog et je me sentais totalement calibrée pour être dans le cockpit d’un événement virtuel massif. J’ai fait tout ce que j’ai pu avec mes compétences professionnelles de chargée de comm, webmestre, community manager, co-organisatrice de festivals… J’ai développé l’animation et le dépannage sur les réseaux, une « mise en ambiance » reconnue dont je suis assez fière, le suivi du site voire la mise à jour des parties les plus accessibles, développé l’aide aux regroupements physiques et pris en charge les RP avec un certain succès (la reconnaissance de Scott McCloud a été un chouette moment). En dix ans, j’ai bossé avec les gens les plus brillants et les plus motivés du monde. Coucou si vous me lisez, big up.

L’équipe est quasi optimale depuis 2 ans. J’ai vécu des éditions où on était deux pour tout faire et aujourd’hui on frôle la quinzaine de personnes vraiment engagées régulièrement, qui sont non seulement douées dans leur partie mais sont multiclassées et apportent toujours plus à l’événement. Bon, malgré ça, j’ai encore tendance à vouloir en faire parfois plus que nécessaire. Mais ça va mieux, j’arrive à déléguer sans trop de stress.
Bon, en vérité, je fais mes adieux à l’équipe chaque année depuis deux ans, puis je reviens !

Zia - Frain (25HBD 2018)
Zia – Frain (25HBD 2018)

Le Scribouillard : Est-ce que tu peux nous expliquer le rôle d’une marraine ?

Une marraine ou un parrain doit mettre en lumière quelque chose d’important, c’est pour ça qu’on a souvent choisi des gens qui représentent une association, ou en choisissent une. On offre un peu de visibilité, on discute sur le blog, et ensuite la personne doit choisir le thème sur lequel vont « plancher » (j’adore caser ça) (« caser », tu l’as?) bref sur lequel les participants vont bosser pendant le marathon.
D’ailleurs les partenaires, qui choisissent la contrainte, ont quasiment le même rôle et le même poids.

J’ai été choisie comme marraine une année à la suite d’une private joke. Enfin c’est comme ça que je l’ai pris. Ensuite je me suis prise au jeu,c’était une sorte de consécration, Comme quand je suis apparue dans la galerie du Festiblog, ça m’a fait du bien, très honnêtement. Et bien sûr j’ai connu le plaisir de donner aux artistes le thème, ce qui est assez grisant, une impression d’être super scénariste, de mettre un petit bout de soi dans des centaines de BD. Bref, j’ai adoré !

Le Scribouillard : Ces dernières années, tu as dû t’entourer de bénévoles afin de pouvoir tenir l’événement. Quel est ton rôle avec eux ?

C’est à la fois un grand bonheur et un immense stress. Turalo m’a progressivement laissée prendre souvent le gouvernail, principalement parce qu’il participe depuis toujours en tant qu’artiste (ce qui n’est pas mon cas même si j’ai esssayé deux fois) et qu’il gère aussi depuis quelques années des regroupements IRL assez conséquents. Il commençait à avoir du mal à être partout et ça s’est fait organiquement. Il y a une alternance aussi assez naturelle avec les 25HBD, où je suis maîtresse à bord (en réalité c’est plutôt une démocratie dans laquelle le développeur a un droit de veto XD).

En toute franchise, même si au début j’étais clairement la groupie qui bosse avec ses idoles, j’ai apprécié de prendre les commandes et mener des troupes de plus en plus importantes. Il faut gérer l’orga, l’agenda, prendre un peu de recul pour donner sa vision. Ce qui est plus difficile, c’est de se comporter parfois comme une chef d’équipe un peu pénible, alors que les gens sont là bénévolement et bossent bien. J’essaye de garder une distance respectueuse avec le travail de chacun, de pousser les gens à bosser sans les forcer. De déterminer quand ça rame si c’est un blocage, de la démotivation ou de la procrastination ou un manque de compréhension sur les obligations de production. (certaines choses doivent être prête très tôt pour que les autres puissent bosser à leur tour) et ensuite gérer ça en douceur, ou pas.

Je sais que mes exigences envers moi-même, que j’applique aux autres, sont parfois assez durement perçues, donc je délègue la coordination à Merryl depuis peu. Elle est très très douce mais elle s’est récemment acheté un fouet elle aussi XD

Blason Bunny Squad 23HBD2017 – Super Furet

Le Scribouillard : Est-ce que tu souris en songeant que les mails que tu envoies pendant l’événement sont lus par des couples qui se déchirent, des collocs qui se sont resservis un café au lieu de prendre une douche et des gens qui ont tellement fait d’heures supplémentaires dans la semaine qu’ils s’endorment au bout de 2h d’épreuve ?

Je souris parce que c’est pareil en coulisses en fait !
Plus sérieusement, je ne souris pas tant que ça, on réfléchit pas mal, en réalité. Quand on rédige les mails – d’ailleurs ils sont de plus en plus rédigés par d’autres membres de l’équipe, par Merryl surtout, voire collaboratifs – on pense toujours qu’on risque de déranger, c’est vrai. Proposer un marathon de 23 heures à des gens qui croulent sous le télétravail, qui ont des enfants, ou qui doivent repartir bosser le lundi matin après une nuit blanche, c’est gênant, ça n’a pas changé avec le confinement. J’espère que les artistes ne prennent pas ça comme une injonction, j’essaye de veiller à ce que ça ne soit pas trop agressif mais motivant, mais je suis embêtée c’est vrai par la pression que certains se mettent.

Du coup désolée de casser l’image de la meuf qui fouette ses troupes le sourire aux lèvres, je ne fais ça qu’avec l’équipe et j’ai une politique assez stricte de chouchoutage de nos lapins et nos tortues <3 Je veux qu’il s’amusent, qu’ils soient soutenus, motivés et dépannés mais en aucun cas poussés.

Le Scribouillard : Comment s’est créée l’équipe ?

J’ai intégré l’équipe originelle en 2010, il y avait Turalo, Piak et Lugol. Paka était là aussi, pas seulement comme illustrateur, mais on en reparlera. 😉
On a ensuite eu pas mal de devs différents qui ont apporté leur pierre à l’édifice, chacun à leur façon, et des coups de mains ponctuels de personnes qui sont juste passées pour une édition. Ensuite, face à une augmentation conséquente de mon taf de community manager, j’ai créé la Bunny Squad, une équipe dédiée à l’animation, le dépannage et la lutte contre les trolls, avec des ami-e-s. Aujourd’hui la Bunny Squad fait partie de l’équipe organisatrice à part entière.

Je veille toujours à intégrer régulièrement des nouvelles personnes dans l’équipe, des fans de l’event qui amènent du sang neuf. Des compétences différentes et des talents insoupçonnés et surtout que je sens profondément motivés par l’envie « d’en être ». C’est une des clefs de la longévité de l’événement à mon humble avis. Nous sommes d’abord au service d’une communauté et devons nous adapter et suivre ses mouvements et ses envies. Donc à chaque fois que j’ai senti des crispations territoriales ou des freins dans l’équipe, ça a provoqué des colères assez épiques de mon avatar. La Bunny Squad est née comme ça, et les 25HBD peut-être aussi.

Le Scribouillard : Parle-moi justement des 25HBD.

Eh bien la communauté des 23HBD réclamait en quelque sorte cet autre rendez-vous à chaque fois qu’on bouclait les 23HBD. Les gens disaient ça fréquemment « on se retrouve au prochain changement d’heure », « on fait les 25HBD »… J’ai senti que la communauté les voulait, et que ça se ferait finalement, avec ou sans nous.

Avec la « délicatesse » qui me caractérise, j’ai proposé à l’équipe de lancer l’idée lors d’un poisson d’avril, et j’ai carrément créé une page dédiée, une mascotte (une petite tortue de mer, parce que le lapin bat la tortue de terre, mais une tortue de mer bat n’importe quel lapin sous l’eau) et un règlement. Les gens ont bien réagi et le lendemain, je me suis dit que je voulais les faire..

Comme tu peux le voir dans l’aperçu du post au dessus, l’équipe n’était pas chaude donc j’ai foncé, seule, et géré ça uniquement en réseau sur Facebook, sans site. Techniquement, Turalo, lors de la création des 23HBD en 2008, n’avait pas fait autre chose. Il avait créé un event sur la base des possibilités de publication d’un blog. Il avait par contre eu besoin de 6 personnes pour la mise en ligne des planches des participants vu les lacunes techniques en téléchargement collaboratif.

Moi, en 2015, je disposais d’un tel outil avec Facebook, donc j’ai utilisé la page dédiée que je venais de créer et j’ai tordu le système des albums photo pour en faire une galerie. J’ai ensuite invité les gens à participer par ce biais, en créant des albums liés à cette galerie qui se présentait comme une liste des partants. Les gens ont adhéré, donc j’ai géré 269 tortues, et l’animation s’est faite naturellement, entre artistes. Pendant la semaine qui a suivi, il m’a fallu ensuite attribuer les « tortues » d’or et compagnie à la main. Ça a été fastidieux mais j’ai gagné mes galons de marathonienne ! J’ai fait un burn-out, je crois !

Le Scribouillard : C’est un travail fatigant, par quoi es-tu motivée ?

Oui c’était crevant, c’est chaque année le même dilemme : je vais encore être claquée, ça me rapporte rien à moi, en terme de visibilité ou boulot rémunéré, je me suis souvent posé cette question, pourquoi je fais ça. J’ai plusieurs réponses. Peut-être d’abord l’envie de garder une cohésion dans la communauté. Concernant les 25HBD, je pense que le concept allait nous échapper. Ensuite un désir de mettre ma touche, d’oser revendiquer la casquette de maîtresse de cérémonie.

J’ai ouvert les 25HBD aux illustrateurs. J’ai constaté que beaucoup de jeunes ne savent pas encore quelle voie ils vont choisir, et j’ai diminué la difficulté afin que ce soit beaucoup plus accessible. La suite logique de ça, c’est qu’on a progressivement touché de nouvelles personnes. Elles ont découvert les 23HBD par l’intermédiaire des 25HBD. Et que progressivement, les membres de l’équipe se sont investi aussi dans l’event. Ce souci d’être largué ou détourné se repose fréquemment. Parce qu’avec les réseaux actuels, n’importe qui peut lancer un event très facilement, enfin, s’il a une communauté. C’est notre seconde force, la notoriété et l’ancienneté. On veille avec Turalo à ce que personne ne se les approprie, ou ne se fasse de l’argent sur le dos d’événements qu’on porte bénévolement depuis des années. On a même dû déposer des droits, carrément.

La dernière raison pour laquelle je m’investis autant est assez pathétique, ou pragmatique, c’est selon. J’ai toujours eu du mal à créer des relations en dehors du boulot, j’ai rencontré mon mari dans un club de jeux de rôles, j’ai du mal à entretenir correctement mes relations amicales… Alors qu’en ligne je suis très à l’aise. Bref, je fais partie des autistes qui ont découvert leur handicap très tard. Pour corser le tout, depuis 2015, je suis « coincée » dans une situation d’aidante pour mon fils, ce qui fait que bosser sur deux events semestriels est mon grand max. Du coup, les communautés des lapins et des tortues sont vraiment importantes pour moi. J’ai essayé de transcrire ça dans une itv style RPG écrite à quatre mains avec Merryl, c’était sympa.

Zia Tortue - Cowkiller (25HBD2017)
Zia Tortue – Cowkiller (25HBD2017)

Le Scribouillard : Il y avait deux fois plus de participants aux 23HBD 2020 qu’en 2019. Est-ce que tu ressens le changement d’affluence ou le travail reste-il identique ?

Ah mais on a clairement senti le flux passer, tu peux me croire !
On a eu presque 1500 inscrits, et le nombre de bande dessinées finies est impressionnant. Le serveur a déclaré forfait dimanche midi devant l’affluence et il est resté en PLS jusqu’au soir. De mémoire, c’est le crash le plus long de notre histoire.

On a peut-être failli par manque d’anticipation, d’autant plus que le travail a été colossal en amont pour élargir notre audience. On ne savait pas qu’on allait en quelque sorte bénéficier d’une plus grande disponibilité des gens avec le confinement. Mais on avait vraiment bossé pour rendre l’événement accessible à beaucoup plus de monde. Ugo a fait un véritable marathon du code.

Entre les traducteurs, les testeurs, les relecteurs et les intégrateurs, il a du faire bosser presque toute l’équipe et même au-delà pour arriver à offrir ce qu’on avait tous en tête. Le site a été rendu accessible totalement en quatre langues. On avait essayé de le faire en 2014, mais de façon beaucoup plus aboutie donc on s’attendait à un succès, mais pas aussi gros.

25HBD - Lugol
25HBD – Lugol

Le Scribouillard : Qu’as tu donc pensé, Zia, de ces 23HBD 2020 ?

C’était particulier, vu les circonstances. Les regroupements, pour lesquels j’ai beaucoup bossé, ont été mis en pause. Mais mon sentiment global est positif. Toute l’équipe a aimé ce succès. Je pense que chacun a fait son maximum et a reçu en retour un peu de satisfaction bien méritée.
Le ressenti de cette affluence est encore présent en moi comme un gros espoir assorti d’une alarme silencieuse. Je bosse déjà sur la suite, que je le veuille ou non. Une partie de mon cerveau a fusionné avec cet event depuis bien longtemps XD

Je vois aussi les idées fuser à chaud dans l’équipe, c’est assez classique. Par expérience, je tempère mes pulsions et celles des autres. Mais on a tous du mal à décrocher, même si maintenant on a les 25HBD dans 6 mois.

Je pense que le site tel qu’il est aujourd’hui représente quasiment tout ce dont on a toujours rêvé pour les 23HBD. Mais il serait très dommage de nous endormir sur nos lauriers. Je me demande même parfois si ce n’est pas trop tard. Je sens que pour les plus jeunes participants, et ce sont toujours les plus nombreux – ce qui est signe de vitalité mais aussi de vigilance – nous devons éviter de considérer que le site est un incontournable sacré. Pour beaucoup de personnes, un navigateur n’est qu’une application de plus. Nous avons encore de nombreuses faiblesses à corriger et d’options de participations à offrir si nous voulons réussir notre passage à l’international. Tout ça en bossant bénévolement, sur notre temps libre, et caetera.

Zia - Gary (23HBD2015)
Zia – Gary (23HBD2015)

Le Scribouillard : Aurais-tu un mot pour Paka (6 lapins d’or) et Poulop (4 lapins d’or, 1 d’argent) que j’ai interviewé récemment et qui n’ont A AUCUN MOMENT parlé des 23hBD ?

Ha ha les fourbes ils seront châtiés. Où est mon fouet ?
Non mais il n’y a aucun souci, au contraire. Il te manque des infos, c’est tout.
Paka, déjà, c’est 10 lapins d’or, un lapin d’argent et un lapin rose. Et personnellement, j’applique un principe assez simple à tout : ce qui compte, plus que les mots, ce sont les actes. Paka a participé aux toutes premières 23HBD en 2008 et il a participé sans faute chaque année depuis. Il a en outre bossé plusieurs années dans l’équipe, à l’orga générale et au design du site. Il a créé le lapin rose en 2011, de rage après avoir eu un lapin d’argent en 2010. Paka a aussi publié une compilation de ses BDs des 23HBD. Il parle toujours de nous quand le moment est venu.

Poulop a été très présent dès le début sur les 25HBD. Tu peux ajouter deux tortues d’or, une d’argent et une rouge à son palmarès. Il a été parrain des 25HBD 2017. Il a ensuite fait partie de l’équipe, à l’animation et au design des 25HBD… Pour les 23HBD il nous a fourni des petits dessins que tu as du voir passer dans les mails dont tu me parlais plus haut.
Je suis sûre d’oublier des trucs, des vidéos, des cadeaux virtuels. Donc je ne leur en voudrai jamais de ne pas penser à nous quand on leur demande de parler de leur actu. Tout dépend du moment.

Zia - Kehmy (23HBD2016)
Zia – Kehmy (23HBD2016)

Le Scribouillard :Le marathon de Zia doit être infernal , non ?

Un marathon infernal ? C’est pas faux. Je vois mon dos se détruire progressivement, comme pas mal de personnes qui bossent assis. Les participants et les gens de l’équipe souffrent tous plus ou moins, il est loin d’être virtuel, ce marathon ! Et psychologiquement, il m’arrive de me mettre dans des états qui font peur à tout le monde, moi y compris !

Aaaah, j’aimerais tant revivre un marathon tranquille où tout serait prêt à temps…
Mais non, en réalité. La seule année où c’est arrivé, je me suis presque ennuyée. Aucune menace, aucune déclaration d’amour capslockée, aucune engueulade ni ragequit dans l’équipe. Pas de raid ou de troll en vue, Zéro drama à 12:55… Toutes mes publications programmées à l’avance, aucun crash serveur. Un démarrage dans le silence absolu. C’était terrifiant.

Mes 23HBD à moi, celles qui me manquent, sont celles de la lectrice. J’ai un peu survolé les œuvres. Ça fait quelques années que ça m’arrive. Je n’ai plus le temps de lire quoi que ce soit pendant le marathon. De lire vraiment, je veux dire. Et j’ai très peu de temps pour profiter de cette occasion de regarder les gens dessiner en direct, alors que j’adore ça.

Zia - Joranne (23HBD2013)
Zia – Joranne (23HBD2013)

Le Scribouillard : As-tu d’autres projets en dehors des 23HBD ?

Mes principaux « projets », actuellement, sont mes trois mômes, particulièrement le cadet, qui a beaucoup besoin de moi. Il est autiste avec un fort retard de développement. Je fais tout ce qui est en mon pouvoir pour le rendre autonome et heureux.

Et puis j’ai commencé à bosser sur ma première BD. Ca fait quelques mois maintenant et on avance à un bon rythme. Je scénarise sur un sujet qui me tient à cœur avec la personne idéale en face, capable de dessiner des moments poétiques et des moments de pur délire avec le même talent. J’espère pouvoir en reparler bientôt.

Le Scribouillard : Merci beaucoup Zia !

Merci à toi pour cette entrevue.
Je me permets d’ajouter mon instant gratitude, on vient de boucler et comme tu ne m’as pas donné de limite…
Par ordre alphabétique pour froisser personne.
Merci à Turalo pour tout et pour toujours.
Merci à la Bunny Team 2020 :
Ama, Ludo, Merryl, Moufff, Nours, Skyder, Super-Furet, Ugo, Ydrioss & Zoé
Merci aux membres historiques qui sont jamais trop loin pour un coup de patte et dont je suis toujours fan  :
Paka, Piak et Lugol

Merci à tous les réservistes, à tous les anciens et les artistes qui ont bossé un jour avec nous et peuvent repasser quand ils veulent, vous êtes la famille :
AD_e, Alexandra, Bene, Bishop, Boideux, Boidin, Caro, Chloé, Cowkiller, Dessinator, Emeline, Evangelina, Florie, Firiel, Garance, Gary Vanaka, Goliver, Greg Lofé, Griz, Gunndboy, Gustavo Deveze, Jizuss, Joranne, JustLoui, Kamyeuuh, Kanti, Kehmy, KW, Lavina, Laurier, Lénaïc, Lilly, Mabz, Marika, Mr Ad, Niro, Oscar, Paolo et Wilde, Pascalum, Pau, Phiip Lapin, Poulop, Professor Frain, Sckyzo’Pat, Smaragda Magou, SoSkuld, Stéphanie Lezziero, Svantje, Vi, Wandrille, Xavier de Cock, et YO-One.

Et mille mercis aux lapins et lapines, aux tortues qui participent, nous offrent leur art, parlent de nous, nous font des fan-arts et parlent de nous et sont en quelque sorte nos ambassadeurs et ambassadrices à travers le monde. Je peux même pas vous dire combien je fais tout ça surtout et toujours pour vous. Merci pour votre énergie <3

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