Articles
[Interview] Poulop – L’éducation du crayon

[Interview] Poulop – L’éducation du crayon

Suite à l’interview de Turalo, LeScribouillard.fr a décidé de lancer une nouvelle rubrique qui s’intéressera à l’univers de la bande dessinée et à ses acteurs. Cette fois-ci, on reçoit Poulop en interview, auteur du blog Poulop – l’éducation du Crayon ainsi que de la BD éponyme.

Le Scribouillard : Quel est votre parcours et qu’est-ce qui vous a amené au dessin ?

Poulop : Mon parcours n’est pas forcément lié au dessin : j’ai une formation d’animateur socioculturel et de coordination de projets de développement social. Donc rien à voir avec la choucroute. Côté dessin, je suis autodidacte.

Je dessine depuis tout petit, et je n’ai simplement jamais arrêté ! Ma mère m’a donné rapidement le goût de la bande dessinée à grands coups de classiques franco-belges, type Gaston, Astérix, Boule et Bill et consorts. Je regardais aussi le Club Dorothée, avec Dragon Ball Z, Nicky Larson et tous ces machins que je rêvais de savoir dessiner. Mais je crois que c’est quand j’ai découvert la Rubrique-à-Brac de Gotlib que mon esprit a vrillé, vers mes 10 ans, et je n’ai jamais cessé de m’entraîner au dessin depuis.

Gotlib De Vinci Rubrique à Brac
Gotlib – Rubrique-à-Brac

Le Scribouillard : Quelles ont été vos influences dans le domaine artistique ?

Poulop : Toutes celles listées au-dessus, et bien d’autres ! Je ne compte même plus les influences, ça va de Steve Cutts à Franquin, en passant par Franck Miller ou des artistes amateurs de mon réseau personnel. Et des jeux vidéos aussi, d’ailleurs : le dernier Zelda ou des productions indépendantes comme Inside sont de formidables inspirations visuelles !

Côté cinéma, je m’inspire plutôt de films d’animations comme Mary et Max, un conte hilarant, cruel et dépressif, ou les films de Wes Anderson et son Fantastic Mr Fox, ou L’Île aux Chiens. Dernièrement, j’ai trouvé le film Klaus assez éblouissant, principalement pour ses décors et designs de personnages.

Le Scribouillard : Votre site s’appelle l’éducation du crayon. Le domaine de l’éducation fait grandement partie de votre vie et cela se ressent dans vos dessins. Pourquoi l’éducation est un sujet si important pour vous ? Quel message voulez vous faire passer ?

Poulop : Depuis 2006, je suis investi dans des métiers éducatifs d’animation de loisirs, sociale et socioculturelle. J’ai travaillé dans plusieurs centres sociaux, lieux d’accueils de jeunes, associations et autres, donc on peut dire que le social concerne une grande partie de ma vie. D’ailleurs, je participe aujourd’hui encore régulièrement à des formations d’animateurs culturels en tant qu’intervenant ou jury d’évaluation.

Si l’éducation prend une telle place chez moi, c’est par son caractère formateur. J’ai eu la chance d’avoir une place professionnelle qui m’a permis de traiter avec des élus municipaux et intercommunaux, d’observer le cheminement logique d’une politique publique, et d’influer directement dessus. L’éducation est un domaine particulier rassemblant absolument tout le monde, notamment par le biais de l’école. Ce qui permet de suivre des débats et discussions très instructifs et de mieux comprendre le fonctionnement d’une ville ou d’un territoire directement depuis le terrain. Et je trouve ça passionnant !

Le Scribouillard : En parlant d’éducation, vous faites d’ailleurs des tutos où vous montrez vos trucs et astuces en dessin ? Quel est votre but ici ?

Poulop : Alors ces vidéos, au départ, c’est simplement pour me moquer des tutos de dessin qu’on trouve sur internet. J’avais tourné la première vidéo après être tombé sur un tuto pour « dessiner la reine des neiges ». Ce qui n’était rien d’autre qu’un mec qui se filme en dessinant, sans rien expliquer : ça n’a absolument rien de pédagogique ! Alors je me suis demandé si je n’allais pas faire une parodie de ce genres de tutos, et ça a commencé comme ça. Donc contrairement à ce que leur titre laisse penser, mes vidéos n’apprennent absolument pas à dessiner ! Il suffit d’en regarder une pour vite le comprendre, de toute façon.

Le Scribouillard : Pouvez-vous nous parler de votre collaboration avec l’Odieux Connard ?

Poulop : Tout à fait. J’ai découvert son blog quand je travaillais dans un bureau, comme tout le monde, hum. J’ai assez vite été séduit par son style d’écriture et son personnage. S’il y a un truc qui me passionne sur internet, c’est les personnages qu’on peut faire naître, ces internautes qui arrivent à créer une image bien particulière, comme les youtubeurs qui tiennent la chaîne Horizon Gull. Et là, dans le cas de l’Odieux Connard, c’était très bien fait. Curieux, j’ai donc été le rencontrer au festival des Geek Faëries, puis je faisais des dessins représentant son univers que je lui envoyais. Ça lui a plu, et comme on avait des idées débiles à propos de mauvais films lui et moi, ainsi qu’un esprit cynique partagé, on a fait des vidéos et un article sur son blog ensemble en collaboration.

Le Scribouillard : Sur le site, nous avons déjà parlé des 23HBD avec Turalo. Pouvez-vous nous parlez de votre expérience et notamment de votre participation filmée ?

Poulop : C’est exténuant ! L’année où on avait filmé, c’était avec une bande de potes et on a fait une BD à 5. Depuis, on organise ça dans une salle d’un café bordelais, le Pourquoi Pas ?, et on invite tous ceux qui veulent à rejoindre notre groupe. L’ambiance est plutôt bonne, même s’il y a toujours un moment de fatigue extrême qui donne envie de lâcher le crayon. Je ne sais pas si on refera un stream, parce qu’il faut une personne dédiée à ça pour que ça fonctionne, mais l’expérience serait amusante.

Poulop Bat-Piou
Poulop – L’éducation du Crayon

Le Scribouillard : Une anecdote d’un moment ou d’une rencontre en particulier qui aurait pu vous marquer ?

Poulop : Le premier truc qui me vient en tête, c’est le site internet BDamateur.com. C’est le premier site que j’ai visité sur internet quand on a eu notre première connexion, vers 2006. J’y ai rencontré virtuellement pas mal de monde, dont des dessinateurs amateurs qui sont devenus de très talentueux professionnels. Ça a beaucoup participé à ma progression dans le dessin et ça a amené des rencontres qui sont devenues un groupe d’amis que je vois toujours.

Le Scribouillard : Je voulais lâcher un « on dirait du Gotlib » mais je n’ai pas eu l’inspi’

Poulop : De toute façon, Gotlib c’est surfait. Aujourd’hui il faut lire le manga de Maître Gims, c’est ça la vraie tendance.

Laisser un commentaire