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[Fantasy] A feu et A sang : un voyage introspectif

[Fantasy] A feu et A sang : un voyage introspectif

A feu et A sang est un roman écrit par Matt Dejouy. Découvrez ce voyage introspectif sur fond de magie et d’heroic fantasy.

L’histoire se déroule dans un lieu fantastique, où la magie est une menace. Nous suivons tout au long de ce roman le récit introspectif de deux personnages, Ashkjell, le héros perdu, et Flyn, le jeune prodige. Tous deux sont en quête d’identité et sont en proie à leurs émotions et à la noirceur de leurs âmes. Autour d’eux évoluent d’autres personnages, qui auront tous un rôle à jouer dans le voyage introspectif des deux personnages.

Une intrigue qui mêle heroic fantasy et mystères

L’action commence in media res. On découvre un monde extraordinaire, peuplé de créatures magiques et d’anges. Puis, ensuite, le roman nous plonge au cœur d’une guerre, qui se termine tout juste.

Le début de l’histoire est décontenançant et elle nous emmène directement dans l’action, entre scènes irréelles et violences. Ce qui sera par ailleurs, une récurrence durant le roman.

Au fil de l’histoire, on comprend qu’en réalité nul n’est besoin d’une exposition puisque ici, l’intérêt est le voyage introspectif des différents personnages, et notamment des deux protagonistes principaux : Ashkjell et Flyn.

Toute cette genèse et ces éléments, qui font l’essence d’un roman de fantasy, servent l’introspection des deux protagonistes principaux. En effet, en parallèle de la découverte d’eux-mêmes, il y a cette découverte de ce monde qui révèle encore plein de mystères. Ashkjell n’avait jamais vraiment quitté son Engelberg natale, tandis que Flyn n’a qu’une obsession, celle de découvrir Nheim, ce pays réputé comme étant le berceau de la magie, mais dont personne ne sait grand-chose au final, à part que c’est un endroit dangereux.

Extrait d'A Feu et à Sang © Matt Dejouy
Extrait d’A Feu et à Sang © Matt Dejouy

Voyage au bout de la souffrance

On découvre ces deux personnages par leur voyage initiatique. Mais un voyage initiatique particulier, car teinté de souffrance. Autant de la souffrance des deux personnages, que de celle qu’ils procurent eux-mêmes à ceux qu’ils rencontrent. Dès le départ, Ashkjell est blessé dans sa lutte pour sauver le monde.

La description précise et détaillée de leurs souffrances n’est pas anodine : elle est le reflet de leur introspection.

Il y a clairement un parallèle entre ces deux personnages, à la fois différents et proches au niveau de leur caractère : ils ont une personnalité endurcie par les souffrances vécues, ils possèdent tout deux une dualité forte entre un côté très sombre et un aspect très enfantin.

« C’est quoi ? demanda-t-il.
— La mer. » Ses yeux s’écarquillèrent. « De l’eau ? Tout ça ?
— Oui, et bien plus encore. »
Il la considéra, interdit.
« C’est tellement étrange… finit-il par dire.
— Pourquoi ce serait étrange ?
— Ça fait beaucoup trop d’eau. À quoi ça sert ?
— Ça ne sert à rien. Enfin si, on navigue dessus, mais c’est parce qu’il le faut bien. La mer était là bien avant nous. »

Canwr et Ashkjell

L’introspection

Il est difficile de s’attacher émotionnellement aux deux personnages principaux, Ashkjell et Flyn, de par leurs côtés très sombres.

Mais là n’est pas l’intérêt du récit, le but est de le suivre leur voyage initiatique. Cependant, cela nous fait nous poser des questions : pourquoi cette envie de lire la suite, de connaître leurs aventures, alors qu’on ne s’attache pas à eux ?

La réponse est l’intrigue, qui est à la fois énigmatique et fascinante. Que ce soit leur propre histoire ou bien celle du monde dans lequel on est plongé.

Mais également, qu’on les aime ou non, on a envie d’en savoir plus sur ces deux personnages qui sont totalement hors du commun. Ashkjell a sauvé le monde, il est donc censé être un héros. On le nomme d’ailleurs « le héros perdu ». Mais contrairement au héros d’une épopée médiévale, il n’est ni vaillant, ni courageux. Il sauve le monde, certes, mais ensuite il fuit ses responsabilités. Ashkjell est tout le contraire d’un personnage compatissant et bienveillant. Il n’hésite pas à avoir recours à son pouvoir et à la violence pour commettre des actes de cruauté. De ce fait, il ne ressemble en rien à un preux chevalier.

Flyn, quant à lui, est un jeune scientifique extrêmement doué âgé de 10 ans. Mais on voit déjà chez lui toute sa noirceur d’âme. Il nous intrigue de par cette personnalité spéciale et mystérieuse, et on a envie d’en savoir plus sur lui, son passé, mais également son futur.

Les autres personnages vivent également cette introspection. Ils se posent des questions sur leur identité, sur leur sentiment, sur leur destinée, et tous ont leur identité propre, leur passé douloureux, leur souffrance personnelle.

Extrait d'A Feu et à Sang © Matt Dejouy
Extrait d’A Feu et à Sang © Matt Dejouy

Une écriture très photographique

Il y a un style très visuel dans la façon d’écrire de l’auteur. Certains bruits sont mêmes représentés par des onomatopés.

Slochhhh. Un bruit de succion, comme si le sol tentait de l’aspirer.

Flyn, marchant dans de la glaise

Certaines phrases de description d’une scène sont quant à elles décrites de manière très brute, très directe, avec des verbes à l’infinitif.

Ses pieds nus sur le gravier d’une cour. De la paille un peu partout. Une étable de l’autre côté, d’où s’échappaient des meuglements. Un puits au centre de la cour, des champs de chaque côté. Encerclés par de la forêt, loin. Rien à voir avec l’aura obscure du Nheim, tout à voir avec une vulgaire clairière bergoise.

Flyn, se réveillant dans un endroit inconnu

Cette description que l’on pourrait qualifier de photographique nous donne la sensation de voir vraiment la scène se dérouler directement sous nous yeux. Il y a un aspect d’immédiateté qui nous ancre dans le récit.

Un style graphique assumé

Ce qui marque également, c’est le côté très graphique de certaines scènes de violences, qui sont décrites en détails et entremêlées des émotions des personnages, mais surtout des personnages agresseurs.

Une nuée de minuscules gouttelettes en suspension autour de lui. En un battement de cils elles furent sur le chef des gardes. Elles s’étirèrent en pointes et attaquèrent, entamant la chair avant de s’écarter pour revenir à la charge comme le bec d’un vautour déchiquetant sa proie. Örwen hurla, mais personne ne fit un pas. Il fut très vite défiguré. Un liquide gluant s’écoula de son orbite dont l’œil avait été crevé et laissa une trainée claire sur son visage autrement entièrement rouge. Le cri s’étrangla en un étrange gargouillement lorsque l’une des lames de sang traversa sa gorge. Le sang se répandit sous son armure, coulant à flots le long de ses mains. Une flaque écarlate se répandit à ses pieds, coagulant instantanément sur le sol gelé.

Ashkjell, s’attaquant à Örwen, le chef des gardes d’un village

L’univers d’A Feu et à Sang

L’univers est très bien développé mais on ne le voit qu’à travers le parcours des différents personnages. Il n’est pas présenté par un narrateur mais par les personnages. Soit par leurs découvertes durant leur parcours, soit par des histoires que leur raconte d’autres personnages.

« Elle ne nous engloutira pas, Ashkjell. C’est vrai que c’est l’eau qui entoure la terre et pas l’inverse, mais ça fait une éternité qu’elle est là et si elle déborde parfois il n’y en aura jamais assez pour tout recouvrir. Même l’Ange Déchu n’a fait sombrer qu’un petit morceau du continent. — L’Ange Déchu ? » Canwr hocha la tête.

« La mer que tu vois là, elle n’était pas là il y a mille ans. Une immense météorite, presque aussi grosse que la colline, est tombée et a enfoncé la terre. L’Ange Déchu. C’est comme ça qu’ils l’ont appelée. Les pauvres gens qui l’ont prise en pleine figure n’ont pas dû avoir le temps de souffrir. Ça a rasé des villes et des villes. »
Elle était si chaude que lorsque la mer coulait dans le cratère, elle s’évaporait instantanément. Ça a duré un mois pour qu’elle refroidisse. Un mois pendant lequel la colonne de vapeur n’arrêtait pas de s’élever vers les cieux. Pour beaucoup c’était l’âme de l’Ange Déchu qui tentait de remonter. Les flots bouillonnaient de sa colère et de sa rage d’être ainsi envoyée sur Olendra. Et puis la mer en a eu raison et l’a engloutie totalement.

Canwr et Ashkjell

Une intrigue qui pousse à la lecture

Beaucoup de mystères sont présents dans cet univers, à commencer par la vision de la toute première protagoniste, Abeliah. Puis, peu à peu, on en apprend plus, sur une porte énigmatique qui, lorsqu’elle est franchie, apporte soit la mort, soit une renaissance. On apprend aussi qu’il y a eu d’ancienne races, désormais éteintes, ou pas complètement, car il en subsiste un, dénommé Nylitin. L’histoire se découvre petit à petit, au fur et à mesure de l’avancée des personnages dans l’intrigue, et en laissant des indices sur son passage.

Si certains éléments semblent flous ou étranges de prime abord, on se rend compte qu’en réalité, tout a un sens et tout est étroitement lié. Et souvent, les surprises que révèle l’intrigue nous déboussole.

Extrait d'A Feu et à Sang © Matt Dejouy
Extrait d’A Feu et à Sang © Matt Dejouy

Pour découvrir A feu et A sang, ainsi que les autres romans de Matt Dejouy, allez faire un tour sur son site ! Vous y découvrirez également ses vidéos où il donne des conseils très utiles à celles et ceux qui veulent se lancer dans l’écriture.

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